Valoriser la culture Haïtienne

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Clints Parvelus sur scene avec son guitariste Ferdinand Jean-Baptiste. STEPHEN EDDYSON JOSEPH/ CHALLENGES
Clints Parvelus sur scene avec son guitariste Ferdinand Jean-Baptiste. STEPHEN EDDYSON JOSEPH/ CHALLENGES

S’il y a un domaine dans lequel Haïti peut sans conteste se mesurer aux autres pays, c’est bien la musique. Nombreux sont les artistes talentueux, comme le jeune chanteur Clints Pavelus qui se passe déjà de présentation.

Depuis sa participation à la 13e édition de Carifesta à la Barbade, le jeune chanteur Clints Pavelus, qui a fêté récemment ses 25 ans, a un regain d’énergie et d’inspiration. Aujourd’hui, il se consacre entièrement à son premier album dont la sortie officielle est prévue début 2018. Intitulé « Wayal », cet opus comprendra une dizaine de morceaux mélangeant jazz, blues et musique traditionnelle. À travers cet album, Clints Pavelus souhaite mettre en valeur les différents aspects de la culture haïtienne.Cela passe également par notre richesse culinaire, prenant à juste titre l’exemple de « wayal » : il ne s’agit pas seulement de « kasav et manba » mais d’une combinaison de « kasav, manba, kreson, zonyon ak tomat », un aliment créole très nutritif que la grande majorité des Haïtiens consommaient autrefois. Même si le jeune talent souhaite stimuler en nous le sens de créativité, le désir de Clints est avant tout de renouer avec les bonnes vieilles traditions. « L’artiste est un créateur qui se donne pour mission de divertir, d’éduquer et de protéger les valeurs de la société », soutient-il.

L’artiste vit de son œuvre
Clints Pavelus est de la trempe de ceux qui chantent avec leur cœur depuis la plus tendre enfance. Mais pour devenir une star et conquérir les ondes, la formation est un passage obligé. C’est la raison pour laquelle il avait intégré l’École Nationale des Arts (ENARTS) où il a « appris » à chanter, alors qu’il performait déjà dans son église. À l’instar de tout jeune artiste, Clints a des projets plein la tête mais il a besoin d’encadrement pour pouvoir les réaliser. « Je ne fais que de la musique. Je ne travaille pas à côté. Comment vivre et me procurer tout ce dont j’ai besoin si l’église à laquelle j’appartiens ne me soutient pas économiquement? », déplore-t-il comme pour justifier sa décision d’aller évoluer ailleurs. « Le monde évangélique et le monde séculier sont deux environnements bien différents. On ne peut pas chanter un dimanche matin devant une assemblée chrétienne très conservatrice, après avoir performé la veille avec Lunise Morse du groupe Ram . Je ne le fais plus, mais je continue d’aller à l’église », ajoute le chanteur.

La fierté de connaître ses racines
Il s’est donné le temps de découvrir la musique traditionnelle, se rendant souvent dans les péristyles pour observer et comprendre. « J’ai véritablement acquis la compétence de la musique traditionnelle en allant à la source pour y découvrir cette tendance musicale », révèle Clints. Depuis, il a multiplié les performances pour devenir l’artiste confirmé qu’il est aujourd’hui. C’est pourquoi le ministère de la culture l’a désigné pour représenter Haïti à la 13e édition de Carifesta, à la Barbade en août dernier. Son succès, il le doit en partie à Hérold Josué qui l’a formé sur le plan musical et artistique, mais également à Harry Lafont qui lui a taillé un costume typiquement haïtien. « Je n’ai pas trahi leur confiance puisque j’ai représenté brillamment Haïti avec le compas et la musique traditionnelle », se réjouit l’artiste. Fort de cet essor, Clints veut devenir un ambassadeur de la culture haïtienne et souhaite encourager les autres jeunes de sa génération à croire en leurs rêves.

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