Comme le veut la tradition, le poisson est consommé en grande quantité pendant la période pascale. Malheureusement c’est une tradition en voie de disparition en Haïti , le pouvoir d’achat des ménages étant en baisse constante et les fruits de mer, toutes espèces confondues, étant devenus des denrées rares et coûteuses. Dépourvus d’équipements adéquats, nos pécheurs ne peuvent aller s’aventurer en haute mer où se concentrent les poissons qui ont fui les côtes haïtiennes en raison du niveau de pollution qui s’accentue. Dans ce contexte, il faut compter environ 16 heures  à Dieusibon, monté à bord d’un « bwa fouye », pour ramener quelques petits poissons roses à sa femme, qui généralement s’occupe de les vendre au marché. La demande étant plus forte que l’offre, les prix flambent, et les gens à faibles revenus se contentent d’acheter des poissons « pèpè » ou des morceaux de poulet mal conservés.

Cossy Roosevelt
Photographie  par  Georges H. Rouzier