ALORS QUE LE SECTEUR DE LA PÊCHE SE MODERNISE dans les autres pays, en Haïti nous en sommes encore au stade de « bois fouillés », des canots de fortune qui ne peuvent intervenir que le long des côtes. Vu que les mangroves ont disparu et que l’environnement est de plus en plus affecté par la coupe des arbres et les déchets en plastique qui s’y déversent quotidiennement, les poissons se réfugient en haute mer. De fait, la pêche de la journée est souvent maigre, limitée à quelques petits poissons et crustacés.

C’est le cas à Marigot, une commune du Sud-Est d’Haïti, ayant pour richesse principale une mer argentée et limpide qui, pourtant, ne rapporte pas grand-chose aux pêcheurs. Loin d’être découragés, ces derniers visent la ligne imaginaire de l’horizon, jusqu’aux confins des océans mais ils sont obligés de remettre les pieds sur terre à chaque instant. Avec la coopération espagnole, des associations de pêcheurs ont pu obtenir quelques matériels tels des canots motorisés, des congélateurs et des sennes. Or, il leur faudra des navires équipés et sophistiqués pour opérer à 200 milles nautiques pour pouvoir rapporter gros, ce qui nécessiterait des formations spécifiques. Dans l’intervalle, ils peuvent tout au moins avoir des radios de communication pour rester en contact avec leurs proches collaborateurs.

Cossy Roosevelt