Un système défaillant

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Georges H. Rouzier / Challenges

La longue grève entamée par le personnel médical des hôpitaux publics du pays met à nu la situation alarmante de la santé. Peu d’actions ont été engagées pour améliorer la qualité des soins dans les hôpitaux et la santé publique en général. Malgré la faible contribution de l’Etat à la santé, les autorités refusent d’aborder le problème en profondeur.
Par Ralph Thomassaint Joseph

Le plus grand centre hospitalier public du pays, qui dessert plus de 3 millions de personnes dans la capitale, est aujourd’hui vide. Depuis le lancement du chantier de sa reconstruction, grâce à l’aide de la coopération française et américaine, une grande partie des services de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) a été transférée dans les locaux de l’ancien hôpital militaire, qui a hébergé provisoirement le ministère de la Santé publique après le séisme de 2010. A l’entrée, des hommes indifférents, assis près d’un tas d’immondice, laissent passer des dizaines de jeunes étudiants qui révisent leurs leçons. La cour de l’hôpital général, ces jours-ci, ressemble davantage à une cour de faculté. Seule l’unité de dialyse fonctionne cet après-midi et, curieusement, un seul homme y est présent sous le regard attentif de ses parents.