Un médecin au chevet du coh

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Photographies par Georges H. Rouzier / Challenges

Hans Larsen, président du Comité olympique haïtien (COH), s’est attaqué à un énorme challenge. Il ne s’agit pas des JO de Rio mais d’un défi encore plus grand : assainir et remettre de l’ordre dans un comité qui a traversé une crise majeure.
par Stéphanie Renauld Armand et Alexandre Thévenet

Depuis quarante ans, on retrouve le docteur Hans Larsen, chirurgien orthopédiste, aussi bien à la tête des cliniques et hôpitaux du pays que dans les instances sportives. A son retour en Haïti comme jeune diplômé, il devient médecin de service d’abord à l’Ofatma puis à l’Hôpital général (HUEH) où il est en charge de la formation des résidents du département d’Orthopédie. En 1987, il prend la direction du service d’Orthopédie de l’Hôpital adventiste de Diquini où il passera plus de vingt ans. Depuis 2010, il est codirecteur de l’unité de réhabilitation du centre Gheskio. Tout cela en exerçant également la chirurgie orthopédique en privé. Son parcours professionnel médical est riche mais serait incomplet sans évoquer le bénévolat médical et son implication dans le sport. Professionnellement, comme médecin attaché à la secrétairerie d’Etat de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique de 1987 à 1994, puis comme membre ou médecin bénévole dans des organisations sportives. Membre de la commission médicale de la Fédération haïtienne de Tennis depuis 1983, président de celle de la Fédération de Football de 1983 à 1999, président de la Société haïtienne de Médecine du sport (SHAMS) depuis 2002, président de la Ligue nationale de Futsal de 2005 à 2013, conseiller du Comité exécutif de la Fédération haïtienne de Cyclisme depuis 2006… la liste est trop longue pour tout citer. Le monde olympique y tient une grande place : le docteur Larsen a déjà accompagné les délégations haïtiennes aux Jeux olympiques (Atlanta, Sydney, Athènes, Beijin, Londres) ainsi que celles dans les Jeux panaméricains et les Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes. C’est donc un vieux routier de la médecine, du sport et des Jeux olympiques qui est aujourd’hui au timon du Comité olympique haïtien.

L’INTERVIEW

Vous avez été élu à la tête du Comité olympique haïtien (COH) alors qu’il était en pleine crise. Combien de temps vous reste-t-il de mandat et quels sont vos objectifs ?
« J’ai été élu en mai 2014 et mon mandat se termine en octobre 2016. Le cycle olympique dure quatre ans et la plupart des comités olympiques sont élus pour cette durée mais mon mandat, commencé à mi-parcours, durera deux ans et trois mois. En ce qui concerne les objectifs, je suis donc en charge de ce comité et j’ai un bilan à présenter à la fin de mon mandat. Lorsque je suis arrivé il n’y avait pas de données réelles. Durant la crise, le comité international olympique a dépêché en Haïti une équipe du cabinet KPMG pour effectuer un audit afin d’examiner la situation. Malheureusement, nous n’avons pas les résultats de cet audit. En revanche, j’avais quelques données de 2013 et 2014. »

« EN GÉNÉRAL, C’EST L’ÉTAT QUI EST LE PREMIER FINANCIER D’UN COMITÉ OLYMPIQUE. PAS CHEZ NOUS. »

 

Quels types de problèmes avez-vous identifiés ?
« Tout d’abord des problèmes de gestion et de procédures. La comptabilité pour commencer car les comptes étaient manuels ; il a donc fallu tout informatiser. Ensuite, les employés n’avaient pas de description de tâches. Je n’ai révoqué personne parce que, pour le médecin que je suis, ce qui est le plus important, c’est d’observer les symptômes avant d’établir un diagnostic. Un accord est donc intervenu entre le Comité olympique canadien (COC), la Solidarité olympique – qui est la branche économique du Comité international olympique (CIO) – et le COH, pour réaliser un audit de gestion et établir un plan stratégique. Nous avons eu l’aide d’une compagnie qui avait procédé à l’audit du COC et qui a réalisé non seulement l’audit du COH mais aussi celui des fédérations sportives. Les résultats ont été présentés le 11 février dernier à Lausanne et seront prochainement présentés au comité exécutif puis au public. »

Le manque de transparence et de traçabilité était reproché au comité. Votre mission est-elle de remettre de l’ordre et de clarifier la mission olympique haïtienne ?
« Avant d’accepter cette mission, j’ai demandé à établir un plan de travail sur lequel tout le monde serait d’accord. Pour moi, il était important de renforcer les relations entre le COH et les fédérations, entre le COH et le CIO, entre le COH et l’État haïtien ainsi que de renforcer les relations avec les agences olympiques. Ensuite, il me semblait essentiel d’apporter progressivement une meilleure gouvernance et, en dernier lieu, une meilleure transparence, qui commence par la prochaine publication de l’audit. »

Il semble qu’il reste une zone d’ombre à éclaircir en ce qui concerne la réintégration d’un ancien secrétaire qui avait été exclu…
« Une accusation de corruption avait été formulée contre lui par l’ancien président. Mais l’intéressé était en déplacement à l’étranger pour une obligation olympique et les fédérations, qui sont maîtresses du jeu, ont demandé qu’il soit entendu à son retour. Il a été blanchi par les fédérations. L’audit réalisé par le CIO couvrant 2013/2014 et ne concernant pas ce cas, je n’ai rien à commenter. J’ai été élu par mes pairs, il en a été de même pour lui. La seule chose que je peux dire, c’est qu’aujourd’hui, en tant que président, je prends sur moi la responsabilité absolue. Nous avons établi un système de double signature qui fait que toutes les lettres sont signées par le président et une autre personne. Ce n’est pas écrit dans les statuts mais nous avons pris cette décision pour que les choses soient très claires. »

Toujours dans ce souci de transparence et de clarification, peut-être serait-il bon d’expliquer comment sont formées les délégations olympiques pour que le public comprenne le nombre des membres ?
« En effet, souvent les personnes ne comprennent pas la composition des délégations. Il faut savoir que la règle qui s’applique est celle des 40 %. Si nous avons 10 athlètes qualifiés nous aurons droit à quatre représentants de fédérations, qui seront également accompagnés d’un chef de mission, d’un médecin, d’un chargé de presse. Les Etats-Unis ont 700 athlètes, nous en auront une petite dizaine… majoritairement dans l’athlétisme. Il faut aussi savoir que les JO durent quinze jours et que les compétitions d’athlétisme se déroulent à la fin. Il est impossible pour un athlète de se concentrer et de se préparer durant tout ce temps. Ils n’arrivent donc que 48 heures avant les épreuves. Ainsi ils ne seront pas présents à la cérémonie d’ouverture, ce sont les autres athlètes et les accompagnants qui formeront la délégation que l’on verra défiler ce jour-là. Il n’y a rien d’anormal à cela. J’ajoute qu’il y a une autre règle, celle de la parité de genre : les athlètes féminines donnent droit à un membre accompagnant de plus. C’est une règle simple mais les médias ne la connaissent pas toujours. »

La délégation pourrait donc compter une quinzaine de personnes…
« C’est encore une estimation puisque le nombre d’athlètes sera défini lors des qualifications. J’espère une dizaine d’athlètes aux JO de Rio. Nous devrions être représentés en judo, boxe, lutte, haltérophilie, taekwondo et athlétisme. Les éliminatoires commencent en mars pour notre zone dans certaines disciplines et se poursuivent en avril… L’athlétisme a déjà commencé. »

« IL Y A EU UNE ÉPIDÉMIE DE DEMANDES DE FÉDÉRATIONS : 34 DEMANDES POUR ÊTRE PRÉCIS PARMI LESQUELLES 5 CONCERNAIENT DES DISCIPLINES OLYMPIQUES »

 

Quel est le budget annuel du Comité olympique haïtien ?
« La Solidarité olympique contribue pour 167 000 USD à travers les fédérations olympiques et pour les activités à hauteur de 40 000 USD. Le fonds des tops sponsors représente 17 000 USD et PASO (Pan American Sport Organization), l’organisation panaméricaine, donne 200 000 USD. Le reste, ce sont des fonds que nous cherchons auprès des sponsors locaux. Avec la contrainte de ne pas prendre de sponsors concurrents aux tops sponsors : par exemple, Coca-Cola est sponsor des JO donc nous ne pouvons pas avoir d’autre boisson dans nos sponsors locaux. »

DATES CLÉS
1954 Naissance en Haïti
1979 Diplôme en médecine à la Faculté de Médecine de Port-au-Prince
1984 Médecin de service à l’HUEH
2005 Président de la Société haïtienne d’Orthopédie et de Traumatologie
2014 Président du Comité olympique haïtien

Et l’Etat ?
« Je vais être clair, le gouvernement a donné par deux fois. Tout d’abord, les tickets pour les Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes, donnés la veille du départ et qui ont donc coûté très cher… Pour les Jeux panaméricains de Toronto, j’ai dû aller voir personnellement le président de la République pour obtenir les 20 millions de gourdes nécessaires pour partir, mais c’était insuffisant. Pour l’anecdote, nous avons dû partir avec les anciens uniformes et chercher un complément de 50 000 USD auprès de sponsors. Le ministère de la Jeunesse et des Sports n’a pas donné un sou. Le ministre Rébu est d’ailleurs le seul à avoir donné de l’argent au COH durant son mandat (1,5 million de gourdes). »

Le Comité olympique haïtien semble être le parent pauvre. Comment expliquez-vous cela ?
« C’est curieux car on a l’impression que le COH est considéré comme un rival du ministère. Le ministre Rébu avait fait transiter toute l’aide aux fédérations à travers le Comité olympique. Ce n’était pas énorme mais c’était transparent, chacune devant remettre un rapport financier. Le COH redistribuait et envoyait le rapport financier, comme c’est l’obligation pour les fonds du CIO. Autrement, le plus souvent, les fédérations ne transmettent pas de rapport. Le COH lui, doit garder la traçabilité, être à jour, etc. »

Comment cela fonctionne-t-il dans les autres pays ?
« En Italie par exemple, le Comité olympique est au ministère des Sport. En France, c’est différent, c’est un partenariat. Pour préparer les jeux de Veracruz, la République dominicaine avait débloqué 18 millions de dollars. En général, c’est l’Etat qui est le premier financier d’un comité olympique. Pas chez nous. Nap bat dlo pou fè bè ! »

On a l’impression que le sport n’a jamais été une priorité éducative pour le gouvernement haïtien. Les valeurs sportives seraient-elles superflues ?
« Le sport, c’est une priorité verbale, une réalité virtuelle ! L’Etat n’a pas donné un centime pour la préparation des Jeux de Rio. J’ai pu trouver un peu d’argent pour accompagner les athlètes qualifiés : il faut compenser le fait qu’ils ne travaillent plus pour pouvoir s’entraîner afin qu’ils puissent subvenir à leur entraînement, leur nourriture, leur logement, etc. Par exemple, pour Samyr Lainé (triple sauteur qui était finaliste lors des JO de Londres, NDLR), qui est aux Etats-Unis, nous avons réuni 2 600 USD mensuel pour qu’il puisse se préparer. C’est peu mais c’est ce que nous avons pu trouver. Alors que l’Etat avait promis en 2012 de lui donner une aide substantielle. Donc, non, le sport n’est pas une priorité… il suffit d’observer les faits. Combien de fédérations organisent-elles des compétitions pour les jeunes sportifs sur le territoire national ? Quant au sport scolaire, il existe un championnat de foot, un de basket-ball et un de volley-ball. Et cela s’arrête là. Je pense que si les Jamaïcains peuvent avoir de tels champions nous le pourrions aussi. Mais aucun gouvernement n’a travaillé sur cela en profondeur, juste du saupoudrage. »

Y a-t-il des dossiers de création de fédérations en attente ?
« Beaucoup. Il y a eu une épidémie de demandes de fédérations : 34 demandes pour être précis parmi lesquelles 5 concernaient des disciplines olympiques. Il y a des fédérations qui naissent avant même la pratique, par exemple la voile ou l’aviron. Dans les statuts du Code olympique, le président est élu par les fédérations. Les fédérations olympiques disposent de deux voix, les autres, une seule. L’une des raisons de cette floraison de fédérations, c’est peut-être pour créer une majorité de voix. Deuxièmement, lorsqu’on est président de fédération, on voyage de façon régulière “aux frais de la princesse“, c’est-à-dire des fédérations internationales. Etre invité, voyager… c’est peut-être ce qui pousse certains à vouloir une fédération. Mais rares sont ceux qui veulent vraiment faire du sport. La Charte olympique stipule dans son article 29 que les fédérations locales doivent être reconnues par les fédérations internationales pour que le CIO les reconnaisse, mais il faut aussi que la fédération locale prouve qu’elle a des activités dans le cadre international. Les fédérations internationales essayent parfois de contourner cet aspect en mettant en place des formations qui sont considérées comme des activités internationales. Chaque fois qu’il y a une fédération en plus, il y a une aide du CIO. Certaines fédérations sont sérieuses, d’autres pas. Il peut y avoir trois ou quatre demandes pour un même sport, à l’image des deux fédérations de rugby en Haïti. Une fédération sérieuse demande au COH de la reconnaître. Mais, parfois, une fédération internationale demande la reconnaissance d’une fédération locale au comité olympique alors même qu’elle n’a pas de pratique. Impossible pour l’assemblée générale du COH de reconnaître une fédération sans pratique. Il y a un problème d’éthique. »

Comment validez-vous ces fédérations ?
« Le comité a créé une commission composée de cinq personnes qui étudie les activités et fait un rapport. Elle a accepté quatre fédérations dont deux olympiques. Il faut que les fédérations non olympiques restent minoritaires, leur vote ne devant pas influencer la constitution du comité olympique. Ainsi deux-tiers des voix doivent être les voix de fédérations olympiques. Dans les fédérations non olympiques, nous avons accepté le roller skate, car il y a une pratique, vous le voyez dans les rues de Port-au-Prince. Nous avons validé également le base-ball, pour lequel ont été construits trois terrains et qui a une activité. Nous avons également accepté deux fédérations olympiques : la natation et le ski car nous avons des skieurs qui sont à l’étranger et qui participent. Je demanderai d’ailleurs aux skieurs qui ne l’ont pas encore fait de s’enregistrer à la fédération. Pour la fédération de natation, il y a un petit problème. A peine acceptée, la fédération a changé son nom pour devenir Fédération des sports aquatiques et du sauvetage. Or, si les sports aquatiques sont olympiques, le sauvetage ne l’est pas. Comment distribuer des fonds à cette fédération sans savoir s’ils seront utilisés pour la natation ou le sauvetage ? »

Est-ce la fonction du COH de réguler ?
« Nous ne sommes pas là pour réguler mais nous sommes là pour faire respecter la charte olympique. Si une fédération ne suit pas cette charte, nous ne pouvons l’accepter. »

Combien de fédérations sont reconnues en Haïti ? Et comment se crée une fédération ?
« Au total il y en a 25 dont 16 sont olympiques. Une fédération se crée en fonction d’une pratique et par un enregistrement notarié. C’est comme créer une association. Mais il faut avoir une activité nationale et internationale. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de demandes que de fédérations. La règle est simple : sans pratique pas de fédération. »

Comment les athlètes participants aux JO sont-ils sélectionnés ?
« Dès qu’un athlète affilié à une fédération se qualifie, il passe sous le contrôle olympique. Nous aidons ceux qui sont qualifiables. S’ils sont qualifiés, nous les prenons en charge. Nous aidons à leur préparation, nous devons les accompagner. C’est ce budget que je cherche. Je préfère avoir des athlètes bien préparés, et je prends de mon argent pour cela, plutôt que d’attendre d’avoir de l’argent au dernier moment pour envoyer des athlètes sans préparation faire une participation catastrophique. Pour moi, nous ne devrions pas nous arrêter à Pierre de Coubertin avec “L’important c’est de participer”. Je crois qu’il y a plus que ça, ce sont des ambassadeurs d’Haïti. »

Est-ce que le COH travaille sur son image, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur ?
« J’en ai parlé au ministre du Tourisme afin que nous travaillions ensemble. Les athlètes porteront l’Hibiscus d’Haïti durant les JO. Au niveau local, nous travaillons avec le FNUAP et la Minustah pour faire une campagne de promotion avec l’UNICEF et convoyer des messages à la population grâce au sport. L’un des projets que nous avons avec eux est de sensibiliser la population en installant de grands écrans durant les JO dans les quartiers populaires et les villes de province. »

« SUR UN TERRAIN DE SPORT, ON EST ENSEMBLE, ON SE PARLE, QUEL QUE SOIT LE NIVEAU SOCIAL, ÉCONOMIQUE ET INTELLECTUEL »

 

Il vous reste moins de six mois pour atteindre vos objectifs. Comment comptez-vous y parvenir ?
« Le plan que nous avons dessiné montre qu’il faut travailler au niveau marketing, sport et récolte de fonds, ainsi que sur nos faiblesses en gestion et en ressources humaines, etc. Le plan est là, quelqu’un d’autre pourra le suivre si besoin. Le financement devrait en être assuré par le CIO, l’Etat et le secteur privé. J’ai voulu faire ce plan comme j’ai préparé ma stratégie en tant que médecin, en l’adaptant au pays. Ce plan est adapté à Haïti et à ses spécificités, c’est d’ailleurs ce qui a surpris lors de sa présentation à Lausanne : son originalité et son adaptation au pays. »

Comment faire pour avoir une présence plus forte aux JO de Tokyo en 2020 ?
« Des JO, ça se prépare sur douze ans. Au niveau du ministère, il y a eu des états généraux du sport dont est issu un plan global avec, en premier lieu, une loi sur le sport. Notre contribution a été de financer la critique, la révision et la mise en adéquation de cette loi avec la Charte olympique, par l’intermédiaire de la Solidarité olympique. Les suggestions de corrections à apporter sont déjà adressées au ministère. Avec une loi sur le sport nous aurons un outil pour que tout le monde travaille ensemble. Le deuxième axe c’est la formation des formateurs. Le principe c’est le Sport Literacy, la méthode incarnée par Djokovic. C’est un concept nouveau et qui fonctionne. Une formation à long terme qui veut que l’athlète entre dans le sport et non le sport dans l’athlète. Cela lui permet d’avoir un meilleur rendement à long terme et de durer. C’est un projet sur dix-huit mois pour préparer des entraîneurs à former les athlètes dans toutes les disciplines. »

Mais comment multiplier le nombre d’athlètes olympiques ?
« Il faut douze ans pour former un athlète mais il faut un plan dès aujourd’hui. Beaucoup de centres ont été construits mais pas toujours adaptés à la pratique du sport. Certains n’ont pas de piste d’athlétisme alors que c’est le sport de base des JO. Dommage que l’on n’ait pas fait appel aux spécialistes et dialogué avec ceux qui savent. Mais il existe des centres que l’Etat doit améliorer pour qu’ils soient fonctionnels. Et il faut les ressources humaines pour les gérer. Une dizaine de jeunes ont étudié à l’étranger mais n’ont pas l’expérience. Il faudra donc des experts pour les guider et les amener à prendre en charge et organiser les activités sportives dans les centres. Ils ont besoin de tuteurs, de compagnonnage. Le Centre olympique est presque terminé mais encore sous-utilisé par manque d’expertise technique et en gestion. Nous étudions par ailleurs avec la coopération française comment nous pourrions éventuellement travailler avec les retraités du CREPS français (Centre de ressources, d’expertise et de performance sportives). »

Le poste de président du comité est lourd de responsabilités et de travail. Est-il bénévole ?
« Oui, je le fais bénévolement, tout en exerçant toujours mon métier de médecin. Mais j’ai dû négocier… D’abord les objectifs de ma mission, puis avec ma femme, mes partenaires professionnels et aussi avec les hôpitaux avec lesquels je travaille. Je n’ai pas fait médecine pour être médecin mais pour faire de la médecine du sport et travailler sur le trauma sportif. J’ai traité les athlètes de toutes les disciplines de ce pays. Je me suis toujours engagé socialement et je suis convaincu que le sport peut jouer un rôle social dans le développement. J’ai d’ailleurs réalisé des programmes qui combinaient le sport et le civisme, dans les écoles, en intégrant des enfants non scolarisés. Sur un terrain de sport, on est ensemble, on se parle, quel que soit le niveau social, économique et intellectuel. Le sport peut arriver à unir ce pays parce qu’il aide à l’intégration. »

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