« TETANSAM » pour faire progresser la croissance

13
Daniel Isenberg encourage ses « élèves » à communiquer leurs progrès. Georges H. Rouzier / Challenges
Daniel Isenberg encourage ses « élèves » à communiquer leurs progrès. Georges H. Rouzier / Challenges

« La croissance, c’est possible, il faut y croire et savoir communiquer ses progrès et succès aux autres entreprises pour stimuler la foi et la croissance de tout un écosystème… » C’est tout le propos de l’atelier qu’animait Daniel Isenberg, professeur à Babson Collège et expert de l’écosystème entrepreneurial.

Ils étaient 68, et chacun d’eux, entrepreneur, universitaire, représentant d’association professionnelle, fonctionnaire public, assureur ou banquier, a conclu cette formation de trois jours avec un nouveau credo : la croissance est possible rapidement lorsque l’on met tout l’écosystème en mouvement vers un même objectif !

Un atelier sur l’écosystème entrepreneurial
Un an après le Forum sur la Compétitivité et les Investissements, le Ministère de l’Économie et des Finances et la Banque de la République d’Haïti en collaboration avec le Forum Économique du Secteur Privé et l’incubateur technologique Alpha Haïti ont invité l’expert américain Daniel Isenberg à animer un atelier sur l’écosystème entrepreneurial et le développement du secteur privé. Cette initiative se faisait également en partenariat avec Sa Se Biznis Pam, l’Association des Entrepreneurs Digicel (AEDIG) et l’Université Notre-Dame d’Haïti, et avec le soutien de la Banque Interaméricaine de Développement (BID). Chaque institution a ainsi contribué à constituer la liste des participants qui ont suivi cette formation dans l’espace de l’incubateur Alpha Haïti, inauguré en juin dernier dans le complexe Ciné Triomphe.

Croire, créer, croître
Pendant trois jours, les participants, composés de professionnels du secteur privé et de représentants du secteur public, ont travaillé ensemble sur la croissance. « Ce sont les entrepreneurs qui trouvent et créent les opportunités, mais c’est à l’État qu’il revient de créer les conditions d’un marché efficace et équitable afin de faire progresser l’économie. N’oublions pas que l’État est un client majeur du marché », expliquait le Pr Isenberg en septembre 2017. C’est dans cet esprit de « konbit » que les 10 groupes constitués pour trois jours ont travaillé sur des cas pratiques et sur des objectifs communs à l’horizon des 6 prochains mois. « On a appris à recentrer le débat autour de la croissance et surtout l’importance pour les différents secteurs d’un écosystème d’exécuter ensemble un projet… », partageait un entrepreneur. Un autre jeune chef d’entreprise constatait avec satisfaction comment « la communauté peut s’engager autour de «Scale up » pour la progression de tout l’écosystème ».

Viser la croissance à court terme et partager les résultats
Daniel Isenberg insiste sur la nécessité de se donner des objectifs à court terme, mesurables et quantifiables. Pour lui, il est important de partager les progrès et les expériences en communiquant. « Lorsque l’on part à la pêche, on ne sait pas si elle sera bonne, mais on doute moins dès que l’on voit un autre pêcheur attraper un poisson. C’est la même chose dans l’entreprenariat : le succès des uns stimule l’investissement des autres ». Ainsi s’il enjoint l’assistance à penser « croissance » et à agir en conséquence, il les invite aussi à partager sans hésiter les résultats positifs pour stimuler l’ensemble de l’écosystème. Montrer que la croissance peut se produire très rapidement au niveau de l’entreprise, apprendre aux entreprises à communiquer sur leurs succès aux autres entreprises haïtiennes, sont les premiers enseignements visés par Isenberg, qui met l’accent sur l’émulation et l’optimisme, avec un effet d’entraînement de toute l’économie. « C’est le secteur privé qui saisit les opportunités pour les transformer en croissance, mais ce sont les structures publiques et les fonctionnaires qui les servent et permettent à cette croissance de se réaliser », explique Isenberg. En Haïti, nous avons désormais 68 acteurs qui se sont engagés chacun dans un projet de groupe destiné à « Scale up Haiti ». À eux de devenir les « accélérateurs de croissance ». Résultats dans six mois.

Stéphanie Renauld Armand