Sheilla Louis Joseph,
pour une presse responsable

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TIMOTHE JACKSON/ CHALLENGES
TIMOTHE JACKSON/ CHALLENGES

Journaliste à Radio Télé Métropole depuis neuf ans, Sheilla Louis Joseph est une mine de vertus, un océan de sagesse. Son sens de la mesure et de la responsabilité se voit dans ses moindres faits et gestes, même dans ses reportages.

5 heures 30 du matin. Sheilla Louis Joseph commence sa journée par la prière. Dans cet exercice spirituel, la jeune mariée n’est pas seule. À côté d’elle, Michel Joseph son mari, lui aussi journaliste à Radio Télé Caraïbe. Après s’être adressée à Dieu, Sheilla rejoint la cuisine pour préparer le petit-déjeuner. En bonne journaliste, la jeune femme garde son petit appareil de radio apposé près de l’évier, ses yeux rivés sur l’écran plat encastré au mur, elle s’informe des dernières nouvelles nationales et internationales.

8 heures 30. 

Après le repas et le bain, Sheilla et son mari quittent la maison pour se rendre à leur boulot respectif. Avec prudence, mesure et retenue, simple vertu dont elle fait preuve toujours et partout,  la reporter roule dans les rues de Port-au-Prince pour se rendre au numéro 8,  Delmas 52, à Radio Télé Métropole, son lieu de travail.

Une journée très active commence

9 heures 15. Sheilla arrive à sa seconde maison, Métropole, où elle passe depuis 2008 la plus large partie de son temps. Cœur à l’ouvrage, la journaliste participe activement à la réunion de rédaction quotidienne, première étape du métier de l’information radiophonique ou télévisée. « Au début, je voulais devenir médecin mais, en écoutant la Radio assidûment toute jeune, j’ai vite été piquée par le virus. Je voulais être journaliste. Après mes études classiques, j‘ai intégré la faculté des sciences humaines. Après mes quatre années d’études universitaires, j’ai été embauchée à Radio Métropole… », explique celle pour qui, le journalisme est une profession noble au même titre que le métier d’avocat ou médecin.

10 heures 45. La réunion de rédaction touche à sa fin. Déjà 11 heures, Sheilla s’embarque dans le bus de Radio Télé Métropole, aux côtés de ses collaborateurs et collaboratrices, pour aller collecter les informations sur le terrain. Véritable journaliste touche-à-tout, ses sujets à traiter varient de la politique au social, de l’économique au culturel. « Le journalisme est un métier exigent. Il a ses normes, ses règles qui sont universelles ou quasi universelles d’un point de vue déontologique. Tout aspirant travailleur de presse doit posséder une large culture générale. En Haïti, des gens se servent du journalisme comme tremplin, d’autres l’utilise pour faire de l’argent sale ’ », se désole la reporter qui reconnaît toutefois que le journalisme en Haïti est un métier crève-la-faim.

Une presse forte et responsable

De retour à Métropole à 5 heures, après s’être rendue sur le terrain pour son reportage du jour, Sheilla Louis répond à la question qui tient  particulièrement à cœur les journalistes : la liberté de la presse. « La liberté de la presse est fragile et mérite d’être préservée  » , reconnaît la trentenaire.  Dotée d’une certaine expérience de la profession, Sheilla Louis croit que la sauvegarde de cette liberté acquise de hautes luttes passe par un sens poussé des responsabilités dont les journalistes doivent faire preuve quotidiennement. « Moi j’écoute quotidiennement la Radio, je lis les journaux. Il faut être informée pour informer. On ne s’improvise pas journaliste. Et il ne faut jamais perdre de vue que notre mission est de dire la vérité… », conseille la deuxième lauréate du prix du jeune journaliste haïtien de l’OIF lors de la deuxième édition en 2016.

8 heures 30. Sheilla passe prendre son mari à la sortie du travail. Dans une parfaite complicité empreinte de joies et de rires, le couple de journalistes rentre à la maison après une journée de dur labeur.

GeorGes E. Allen