Semaine du Juin 3

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GERBY ST-FLEUR, PDG d’Ingsa. DR

Les industries gerby font briller Haïti

Avec leurs 35 employés, les Industries Gerby (INGSA) se taillent tranquillement une place de choix dans le secteur des produits nettoyants au pays. Gerby Saint-Fleur, PDG d’Ingsa, a opté pour un modèle d’affaires innovant alliant qualité et service à la clientèle.

On ne trouve pas les produits des Industries Gerby dans les supermarchés. Gerby Saint-Fleur, leur PDG, a fait choix de desservir sa clientèle via livraison uniquement. Une décision qui n’est pas sans effet sur les ventes mais qui confère à l’entreprise une identité unique et la pousse à maintenir un service à la clientèle de haut niveau.

Avec une formation en Génie électrique et Science juridique de l’Université Quisqueya, Gerby St-Fleur n’était pas prédestiné à prendre les rênes d’une entreprise familiale. Le destin a voulu qu’il succède à sa tante Marie Lucie Pierre Ostrom dont l’entreprise Intesa (Les Industries du terroir) s’était taillé une place de choix dans le secteur des produits d’entretien ménager et médico-sanitaires tels que savons liquides, désinfectants, détergents, etc. Diplômée en tant que technicienne chimiste et ingénieure chimiste, Mme Ostrom avait été recrutée dans les années 80 par Procter & Gamble, la fameuse compagnie américaine. Marie Lucie Pierre Ostrom y a développé l’un des détergents les plus reconnus aux États-Unis, le « Joy ».

Avec une solide expérience et une carrière florissante dans le domaine, elle décide tout de même de retourner en Haïti au milieu des années 80 et y implante en 1988, avec son mari, Intesa. À cette époque, les produits locaux n’ont pas la cote. Les consommateurs haïtiens préfèrent se procurer les produits importés. Mais les produits développés par Intesa tel que le Florisol, le Citronex, le Sanibowl et le Pine More sont rapidement adoptés par les consommateurs et la compagnie prend son envol.

Le flambeau repris en 2012
En 2012, Mme Ostrom passe le flambeau à son neveu Gerby St-Fleur qui hérite d’une entreprise solide possédant un catalogue de produits aux standards internationaux. En 2012, Intesa devient Ingsa. Accompagné de sa femme, Gerby St-Fleur reprend les activités à petite échelle question de se familiariser avec le cadre et les opérations. En 2015, avec l’aide d’institutions financières, Ingsa fait l’achat de matières premières et surtout de nouveaux équipements et la production à grande échelle démarre. La commercialisation officielle débute fin juillet 2015 et un nouveau modèle de vente est lancé : la vente directe de kits familiaux qui contiennent quatre articles en gallon. Gerby St-Fleur ne cache pas la réticence des clients à acheter ses produits en kit : « La tendance à toujours acheter par unité est très forte. Nous essayons de faire comprendre à nos clients que nos produits sont plus concentrés et, qu’au final, ils bénéficieront d’une réduction d’au moins 30 % sur leurs dépenses. » Un pari qu’il est en train de gagner graduellement.

Aujourd’hui, l’entreprise commercialise neuf produits qui se distinguent par la propriété de leurs ingrédients, des formules scientifiques standardisées et un contrôle systématique de la production qui assure leur fiabilité. Avec leur devise – pi pwop toujou pi bon – les produits Gerby font de la propreté la priorité. À cet effet, l’entrepreneur met un accent important sur l’éducation de la population aux techniques de nettoyage et sur la méthode efficace de se débarrasser des microbes, germes et bactéries. L’entreprise offre par ailleurs des formations gratuites pour initier la population aux techniques d’hygiène dans les écoles, hôpitaux, restaurants et prisons.

Carla Beauvais


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Le salaire minimum augmenté

Par arrêté présidentiel publié dans le journal officiel Le Moniteur, le salaire minimum est augmenté pour différentes branches d’activités. Signé par le président provisoire, Jocelerme Privert, le Premier ministre Enex Jean-Charles et le ministre des Affaires sociales Jean René Antoine Nicolas, l’arrêté fixe le salaire minimum par journée de huit heures de travail comme suit :

  • 340 gourdes pour les entreprises faisant partie du segment A qui inclut les institutions financières, les compagnies de télécommunication, écoles professionnelles, la presse, les universités, les magasins, les cabinets de professionnels libéraux et de consultants, etc.
  • 285 gourdes pour les entreprises du segment B. Ce segment comprend entre autres, les entreprises de distribution d’essence, agences de sécurité, entreprises de location, de transport de matériaux de construction, les coopératives, les caisses populaires et les institutions de microcrédit, etc.
  • 260 gourdes pour les entreprises du segment C qui inclut la presse communautaire, les fondations et associations, les ONG nationales et internationales, les hôtels, les restaurants, les entreprises agricoles, etc.
  • 175 gourdes pour les gens de maison.
  • 300 gourdes pour les établissements industriels tournés exclusivement vers la réexportation employant essentiellement leur personnel à la pièce ou à la tâche.
  • Le salaire de production est de 350 gourdes par journée de huit heures de travail.

Les dispositions de l’arrêté prennent effet à partir du 1er mai 2016. Elles prennent en compte les réalités et les dynamiques sectorielles ainsi que les variations du coût de la vie. Avant la publication de l’arrêté, des syndicats de travailleurs et d’ouvriers de la sous-traitance avaient manifesté dans les rues pour exiger un salaire minimum de 500 gourdes par jour.