Semaine du 29 Avril

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Tatiana M. Liautaud

La campagne de récolte des mangues lancée

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural a officiellement lancé la campagne de récolte des mangues à Mirebalais jeudi 21 avril. Cette campagne vise à renforcer la filière mangue en augmentant la production et les exportations des mangues francisques haïtiennes. L’Usaid, qui soutient cette initiative, fournira du matériel aux coopératives et associations d’agriculteurs afin de réduire les pertes de mangues après la récolte. Ce programme qui rentre dans le cadre de l’initiative américaine Feed the Future vise à augmenter les revenus de plus de 15 000 planteurs de mangues regroupés au sein de plus de 40 organisations. Les producteurs vendront leurs mangues aux coopératives COPACMI à Mirebalais et COPACSE à Saut d’Eau qui vendront ces mangues aux exportateurs sous le label Chanpyon. Les agriculteurs bénéficieront en outre d’un appui technique leur permettant de connaître les meilleures techniques de culture. Un système de traçabilité sera également mis en place pour enregistrer 6 000 producteurs à Mirebalais et à Saut d’Eau.


6e sommet sur la finance : Alix Célestin présente son projet de réforme de l’Autorité portuaire nationale

 ALIX CÉLESTIN, directeur général de l’Autorité portuaire nationale. Georges H. Rouzeir / Challenges
ALIX CÉLESTIN, directeur général de l’Autorité portuaire nationale. Georges H. Rouzeir / Challenges

Alix Célestin, directeur général de l’Autorité portuaire nationale (APN), et Jean Carrel Delpé, directeur du Cabinet technique de l’APN, ont présenté, lors du 6e sommet sur la finance, le projet de réforme de l’institution. Points forts de cette réforme : l’APN serait enfin scindée en deux entités – l’une chargée de la régulation ainsi que de la gestion et l’autre de l’exploitation – tandis que s’opérerait une ouverture vers le secteur privé. « Il est envisagé d’intégrer davantage le secteur privé dans la gestion des ports publics, toutes les fois que cela sera utile pour améliorer l’efficacité des services. Il demeure entendu que la participation du secteur privé dans la gouvernance du secteur portuaire devra répondre aux conditions fixées par la loi et les règlements pour mieux protéger l’intérêt de la population », a ainsi indiqué Jean Carrel Delpé.

Ironie du sort, c’est après que les investisseurs privés ont déboursé des dizaines de millions de dollars dans le secteur portuaire que l’APN se dit aujourd’hui prête à se réformer, en grande partie au bénéfice des agents maritimes. Sans oublier que ces mêmes investisseurs soutiennent, depuis des années, que la direction de l’APN ne peut être juge et partie dans le domaine portuaire. De la même façon, l’APN indique que « les espaces limitrophes des ports maritimes ne doivent pas être uniquement de simples lieux réservés aux agents maritimes pour le stockage de conteneurs. Ils devront être aussi des lieux où peuvent se développer des activités industrielles et commerciales, aptes à impulser l’économie haïtienne non seulement en termes de création d’emplois, de création de richesses, de mise en valeur de nouveaux terrains ». La belle affaire ! Le secteur privé n’a pas attendu pour s’engager sur cette voie, tel Port Lafito dont on pourrait penser que les quelques lignes ci-dessus sont un descriptif. Affaire à suivre.


Vers un contrôle rigoureux des revenus de l’Etat

Le nouveau ministre de l’Economie et des Finances, Yves Romain Bastien, et le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Jean Baden Dubois, ont paraphé un protocole d’accord, mercredi 20 avril, pour un contrôle rigoureux des revenus de l’Etat. « Il est temps de stabiliser la dépréciation de la gourde et qu’avec le temps, elle puisse récupérer une certaine valeur », a notamment déclaré le grand argentier national. De son côté, le gouverneur de la BRH a encouragé les citoyens haïtiens à contribuer à l’effort de stabilisation du taux de change en utilisant des « bons BRH ». Les deux responsables espèrent que cet accord permettra d’exercer un contrôle rigoureux sur les revenus dont dispose l’État, ce qui conduira à une gestion rationnelle des dépenses publiques. La gourde aspire depuis peu à une certaine stabilité ne franchissant pas la barre des 63 gourdes pour un dollar.