Boucler ses études classiques en Haïti demeure l’un des plus grands exploits que l’on puisse accomplir. Les raisons en sont multiples. Tout d’abord, cet aboutissement requiert en moyenne 13 années de dur labeur (fondamental et nouveau secondaire), d’énormes sacrifices pour maintenir le cap et il absorbe les maigres ressources des parents. D’autre part, les conditions d’apprentissage ne sont pas réunies dans la plupart des écoles : salles de classe inappropriées, absence de matériels didactiques, absence de professeurs formés et manque d’assainissement. 

 En outre, les élèves sont assez souvent perturbés par les grèves de professeurs, les troubles politiques et les catastrophes naturelles. On se rappelle qu’en octobre 2016, après le passage de l’ouragan Matthew, des centaines d’établissements scolaires avaient été détruits et/ou sérieusement endommagés. Quelques semaines après, les jeunes avaient repris leurs activités dans des espaces ravagés, sous des tentes ou encore sous des arbres. Ils n’ont pourtant pas d’autre choix, c’est le seul chemin qui mène au succès.

Cossy Roosevelt
Photographie  par  Georges H. Rouzier