Quatre raisons de visiter la commune de Milot

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Photographies par Cossy Roosevelt/ Challenges
Photographies par Cossy Roosevelt/ Challenges

Les plages ensoleillées, les forêts tropicales et les sites historiques attirent généralement les touristes locaux et étrangers. Considérant le dernier atout, Milot est l’une des communes les plus attractives du pays à visiter pour de multiples raisons.   

Une commune assainie
À pied, à dos d’âne, à moto, en voiture… c’est un plaisir d’emprunter la route principale qui mène à Milot, une commune située à 20 km du Cap-Haïtien. Contrairement à certaines autres communes du pays, la cité d’Henri Christophe est bien assainie : pas de marchés à chaque coin de rue et donc pas de piles d’immondices en putréfaction. L’air qu’on respire dans cette petite localité est pur et frais. De plus, les infrastructures de service de base sont relativement bien organisées et entretenues, selon les témoignages de nombreux habitants. L’assainissement est capital puisque ladite commune héberge le Parc national historique qui regroupe la Chapelle de Milot, le Palais sans souci et la Citadelle Laferrière.   

La chapelle de Milot
Elle a été construite entre 1810 et 1813 par un architecte du nom de Chery Marie-Wallock et servait à la fois de mausolée et de haut lieu du catholicisme. Érigée sous l’impulsion du roi Henri Christophe, elle représente une figure géométrique (un pentagramme) associée au divin. Il  s’agissait alors d’une chapelle royale dédiée aux plus grands évènements religieux de l’époque. Plus de 200 ans après, toute sa valeur mystique et historique est restée intacte et attire l’attention de milliers de touristes.

Le Palais sans souci
C’est l’une des plus belles œuvres du roi Henri 1er qui voulait prouver que les anciens esclaves pouvaient bâtir leur propre Versailles. En d’autres termes, il souhaitait doter le Nord de prestigieux et luxueux palais identiques à ceux construits en Europe au début du XIXe siècle. Le chantier que dirigeait l’architecte Chery Marie-Wallock et qui mobilisait d’importantes ressources humaines et financières s’étend sur 8 hectares. À l’achèvement des travaux, tout le monde était émerveillé par l’immensité du bâtiment principal qui jouait le rôle de siège du gouvernement ; par la splendeur des résidences du roi et celles de la reine ainsi que la solidité des casernes qui devaient assurer la sécurité de la famille royale. Le Palais sans souci comprenait aussi une fontaine, des jardins de fleurs et de grands arbres. L’un de ces derniers est encore debout sur les vestiges de ce vaste complexe qui avait été détruit par le tremblement de 1842. Selon des historiens, le corps d’Henri 1er, qui s’est suicidé d’une balle dans le cœur, est enterré dans le palais sans souci, classé patrimoine mondial par l’UNESCO en 1982. 

Les murs de la Citadelle Laferrière intacts deux siècles après.
Les murs de la Citadelle Laferrière intacts deux siècles après.

La Citadelle Laferrière
Au sommet du morne Bonnet-à-l’Evêque, à plus de 900 mètres, la plus grande infrastructure militaire du pays et de toute la région Caraïbe, datant du début du XIXe siècle, s’impose. Elle a été construite pour contrer tout éventuel retour des troupes militaires françaises. Le général Henri Christophe, qui allait s’autoproclamer roi, a fait de ce véritable bunker la plus importante forteresse de la région, dans le but de protéger son pays et sa royauté. Plus de deux cents ans après, on compte des dizaines de canons de longue portée et des centaines de boulets de différentes dimensions. Ces dernières années, des travaux de réaménagement ont été effectués et une meilleure structure d’accueil mise en place, ce qui a contribué à l’augmentation du nombre des visiteurs. Les touristes prennent plaisir à dépenser des sommes d’énergie pour accéder à la Citadelle qui fait la fierté des nordistes et des Haïtiens en général. Challenges encourage tous ses lecteurs à s’y rendre pour revivre les moments de gloire de nos ancêtres.

Les vestiges du palais Sans souci.
Les vestiges du palais Sans souci.

Cossy Roosevelt