Première édition du GEDE FEST en Haïti

40
Photographies par Georges H. Rouzier / Challenges
Photographies par Georges H. Rouzier / Challenges

Les villes de Port-au-Prince et de Jacmel accueillent du 25 octobre au 3 novembre 2018 la première édition de Gede Fest organisée par la direction culturelle de l’hôtel Oloffson. Ce festival qui s’inscrit dans le cadre du concept : « Sœurs jumelles réunies» (reyinyon marasa), rassemble des étrangers et des Haïtiens d’ici et de la diaspora. 

Pour cette première édition, Gede Fest qui propose de sauvegarder les traditions et la culture haïtienne, a rapproché la République d’Haïti et la Nouvelle Orléans (NOLA), la plus grande ville de l’État de Louisiane aux États-Unis d’Amérique, liées par leur passé historique et leur richesse culturelle fondée particulièrement sur le vodou, la gastronomie et l’histoire. L’occasion idéale pour ces deux communautés de redécouvrir leur racine historico-culturelle, de créer des investissements dans le secteur du tourisme et d’entretenir des relations de solidarité.  « Sans la cérémonie du Bois Caïman, le vaudou et la révolte générale des esclaves à Saint-Domingue en 1791, nous ne serions pas aujourd’hui ce peuple libre, fier de son passé, animé par une joie de vivre même au milieu des difficultés quotidiennes auxquelles nous sommes confrontés », déclare Richard Auguste Morse, producteur du Festival, fondateur et musicien du groupe RAM dont le titre de son tout dernier album, « August 1791 » fait référence à ces évènements historiques. 

Un Gede en pleine illustration.
Un Gede en pleine illustration.

Selon Richard, ce projet serait né à partir des liens historiques et culturels que la communauté de la Nouvelle Orléans partage avec Haïti. « Chez nous, on célèbre la fête des Gede. Lors d’un concert à La Nouvelle Orléans, on a été surpris de voir que les gens de cette communauté nous considéraient comme des membres de leurs familles. Pour moi, Gede Fest a pris naissance à partir de là. Cette manifestation culturelle permet, une fois de plus, de mettre à l’honneur les arts, la culture, l’histoire et la gastronomie. C’est une occasion extraordinaire pour permettre aux artistes, aux invités et au public de renouer avec leurs racines », raconte-t-il avec fierté. Gede Fest attire nombre de visiteurs locaux et étrangers pour lesquels des forfaits touristiques ont été organisés. Des activités autour de la gastronomie des deux pays, des concerts, des ateliers… des échanges entre intellectuels sont aussi au programme. Y compris les relations de vente entre entrepreneurs de Louisiane et d’Haïti. Les artistes du groupe RAM et de Preservation Hall Jazz ont prévu d’offrir plusieurs concerts musicaux. Un défilé de bandes rara et de Second Line ; deux journées de démonstration et dégustation offertes par le Chef Donald Link du fameux Link Restaurant Group et d’autres chefs haïtiens ; une exposition d’œuvres d’art du célèbre sculpteur haïtien André Eugène ; des ateliers de musique et une master classe de danse animée par Isabelle Morse, sont au programme de ces neuf jours d’immersion culturelle. De plus, l’hôtel Oloffson accueille en prélude au festival des groupes et artistes invités chaque semaine dans le cadre des « jeudis pré Gede Fest » afin de les familiariser avec le public. Selon le responsable des relations HAITI-NOLA, Vladimir Laborde, Haïti devrait s’inspirer de l’économie de la Louisiane qui repose sur la promotion de sa richesse culturelle pour rendre son économie plus florissante. «La rivière Mississippi qui traverse cet État, dit-il, est l’un des principaux canaux qui alimentent le commerce entre les États-Unis et le reste du monde. Du riz, du pétrole sont acheminés régulièrement via ce fleuve », précise-t-il. Gede Fest peut créer des investissements dans le commerce et surtout dans le tourisme, l’un des secteurs clé du développement des pays de la Caraïbe aujourd’hui.

Aljany N. Zephirin