Pourquoi protéger l’environnement ?

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Photographie par Georges H. Rouzier / Challenges

Jane Wynne est une vibrante activiste de la protection de la nature et de la culture biologique. De mère haïtienne et de père américain, elle a grandi en Haiti avec la préoccupation constante de préserver la terre, l’eau et les cultures. Elle a créé la Fondation Wynne pour l’Environnement (FEW) à travers laquelle elle défend le reboisement, l’énergie alternative et l’éducation.

Selon les faits scientifiques, la planète Terre est la seule planète verte dans notre galaxie. Elle est en troisième position par rapport au Soleil, qui la fait vibrer et qui donne la vie. La Terre est notre maison où nous vivons (respirer, manger, boire). Sa couche protectrice d’ozone nous permet de ne pas grelotter le soir et de ne pas être brûlés le jour par les rayons ultraviolets. Son espace de vie est composé de roche-terre, eau et air ; l’un agit sur l’autre, phénomène qui est responsable de nos climats et écosystèmes et qui lui permet d’être autosuffisante. A l’intérieur de cet espace vital se trouve une diversité de vies qui créé une chaîne interdépendante de subsistance pour leur sauvegarde. Il y avait une harmonie qui existait sur notre planète car tout est basé sur un système de cycle et de recyclage, croissance et décroissance. L’environnement était sain. Rudolf Steiner nous dit qu’elle est un être vivant possédant son système de respiration à travers l’arbre et de circulation à travers ses sources et ses rivières. Elle était bien préparée pour nous recevoir. Elle était un paradis terrestre.

L’harmonie qui existait sur notre planète a été “débalancée“ après la révolution industrielle. Nos valeurs nous ont mal guidés. Pour satisfaire ses besoins, l’homme détruit des forêts, fouille pour le pétrole insatiablement, pollue l’air, les eaux et le sol. La détérioration de notre environnement met en défi nos ressources naturelles. Sur la liste s’ajoute la croissance démographique effrénée. Le résultat de nos inconséquences est un désastre écologique. Les écologistes nous le répètent maintes fois.

« JE FAIS PARTIE DE CEUX QUI PENSENT QU’IL N’EST PAS TROP TARD. LE MOMENT EST ARRIVÉ POUR OUVRIR NOS YEUX, REDÉFINIR NOS PRIORITÉS ET AGIR »

 

Etant proches de l’Amérique du Nord, en Haïti, nous avons vu des changements avec beaucoup de rapidité. Parce que nous adoptons des pratiques nouvelles qui ne sont pas à notre avantage. Il y en a qui ne sont pas durables. Il faut chercher des alternatives. La nature joue un rôle clé sur la santé humaine, que ce soit physique, physiologique ou mentale.

Haïti est l’un des pays les plus pauvres sur la planète selon les statistiques récentes. Nous devrions accepter qu’elle ne soit plus la Perle des Antilles. On a l’impression que nous nous complaisons dans notre état de malpropreté. Nous ne défendons pas la mer qui est devenue une poubelle (sa je Pa we, ke pa tounen). C’est presque naturel de marcher sur des mornes de déchets mélangés de toutes sortes, l’odeur nauséabonde des trottoirs ne nous émeut pas parce que nous filons très rapidement dans nos voitures avec vitres fumées et montées. Nous nous habituons même à la violence sur les hommes. N’est-ce pas l’injustice sociale et environnementale qui nous mène là ?

Beaucoup pensent qu’il est trop tard pour guérir les maux qui existent. Il ne faut pas oublier que nous n’avons qu’une seule planète. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il n’est pas trop tard. Le moment est arrivé pour ouvrir nos yeux, redéfinir nos priorités et agir. Le défi, c’est de motiver assez de personnes pour mener des actions drastiques pour que nous fassions la différence pendant que nous sommes encore vivants. La Terre a besoin de nous. Je vous invite non seulement à célébrer la Journée de la Terre mais à prendre des résolutions pour qu’ensemble nous préparions la Terre de demain.