Comme de l’huile jetée sur le feu, l’annonce officielle de l’augmentation des prix des produits pétroliers a enflammé les nerfs de plusieurs centaines de citoyens. Dans un premier temps, les protestataires se sont contentés de bloquer toutes les voies d’accès avec des barricades en tous genres, vendredi 6 juillet. Et face à l’entêtement des autorités gouvernementales, le mouvement allait se transformer en dechoukaj, samedi 7 juillet. En l’absence des forces de l’ordre, des supermarchés ont été pillés et incendiés, et de grands hôtels attaqués violemment. Il fallait attendre le lundi 9 juillet pour constater la présence effective des policiers haïtiens dans les communes de l’Ouest (Pétion-ville, Delmas, Tabarre, Centre-ville…). Certains assimilent ce comportement à de la passivité, alors que d’autres n’hésitent pas à accuser la Police Nationale d’Haïti de complicité. Michel-Ange Gédéon, le DG de la PNH, révèle qu’il a été informé tardivement de la décision d’augmenter les prix à la pompe et ne saurait être tenu pour responsable.

Cossy Roosevelt
Photographie par Georges Harry Rouzier