OPC, une institution à l’écoute des citoyens

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Istock/ Getty Images
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L’Office de la Protection du Citoyen s’est engagé dans un processus de déconcentration des services qu’il est appelé à fournir aux citoyens des différentes régions du pays. En ce sens, ces derniers mois, plusieurs directeurs départementaux ont été nommés dans le Sud, le Sud-Est et dans l’Artibonite.

L’OPC tire sa base juridique dans la constitution de 1987 et est réglementé par une loi-cadre votée au parlement haïtien depuis 2012. L’Office est dirigé par une personnalité dénommée « protecteur du citoyen et de la citoyenne », investie d’un mandat de 7 ans non renouvelable. Cet organe est régulièrement accrédité au niveau du Conseil International des Droits de l’Homme et travaille de concert avec l’Organisation Internationale de la Francophonie.

L’OPC assiste et encadre
L’office de la Protection du Citoyen, dans son rôle de vigile, intervient à chaque fois que des cas d’abus ou de violation des droits humains sont enregistrés au sein de l’administration publique. Une révocation arbitraire, un transfert injustifié ou encore des décisions empreintes de préjugés, l’OPC se doit d’assister la personne lésée. L’Office apporte aussi son soutien aux groupes minoritaires souvent victimes de stigmatisations. Une attention particulière est accordée aux Personnes Handicapées. Et récemment, l’organe de protection des citoyens a mis sur pied un bureau ayant pour mission d’assister et d’encadrer les personnes du troisième âge.

Vers la décentralisation des services
Arrivé à la tête de l’OPC le 31 octobre 2018, l’actuel protecteur du citoyen et de la citoyenne applique une politique de proximité. « Notre souci premier est de rapprocher l’institution de la population », indique Renand Hédouville, arguant qu’avant, peu de gens étaient au courant de l’existence d’un tel organe. Il juge fondamental de renforcer la présence de l’OPC dans les régions. Ainsi, des directeurs départementaux ont été nommés dans les départements du Sud, du Sud-Est et de l’Artibonite. Dans cette même veine, deux nouveaux bureaux déconcentrés de l’OPC seront bientôt inaugurés à Saint Marc et à Jérémie. Le protecteur du citoyen et de la citoyenne insiste sur la nécessité d’élargir le champ d’intervention de l’OPC. « Notre tâche va au-delà de la défense des droits des prisonniers », affirme Me Hédouville. Il évoque le principe de l’indissociabilité des droits humains pour expliquer l’intérêt que l’OPC porte désormais aux droits à l’éducation, à la santé, etc…

L’OPC bute sur deux grands obstacles
Dans son élan de décentralisation et d’amélioration de services, l’OPC bute sur deux défis majeurs, selon Renan Hédouville. D’abord, l’office fait face à un problème de budget. Une enveloppe de 55 millions de gourdes lui est allouée pour l’exercice 2017-2018. 75 % de ce montant sont réservés au paiement du personnel et seulement 25 % sont disponibles pour mener les activités de terrain. « Avec si peu de moyens, l’OPC peine à accomplir sa mission convenablement », regrette le protecteur du Citoyen. L’autre obstacle que rencontre l’OPC dans sa mission réside dans le peu d’intérêt que certaines autorités accordent aux questions des droits de l’homme. Le protecteur du citoyen et de la citoyenne se plaint du fait que les recommandations de l’institution qu’il dirige bénéficient rarement de suivi nécessaire. « Souvent, on adresse des correspondances pour solliciter une assistance, une intervention ou encore pour tirer la sonnette d’alarme sur une situation préoccupante mais les autorités concernées en font peu de cas », déplore Me Hédouville. Pourtant, le protecteur du citoyen n’entend pas abdiquer. « Je ne vais pas laisser tomber le combat pour le respect intégral des droits de la personne humaine », dit-il. Renan Hédouville promet de continuer à travailler avec toutes les instances œuvrant dans le domaine, particulièrement les 3 pouvoirs de l’État dont il sollicite un apport plus considérable.

Wandy Charles