Non aux propos injurieux de Donald Trump

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Istock/ Getty Images
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Intervention dans les médias, marches et sit-in. Des centaines d’Haïtiens se sont mobilisées depuis les propos irrévérencieux tenus par le président Donald Trump qui a qualifié Haïti de « pays de sidéens » et de « pays de merde ». Dans ce mouvement, ils ont le support d’importantes personnalités politiques américaines.

Exhibant le bicolore bleu et rouge et brandissant des pancartes avec des messages de « paix et d’amour », les ressortissants haïtiens blessés au plus profond de leur être ont choisi Times Square, à New York, un site hautement symbolique, pour dénoncer en particulier les propos « racistes » de Donald Trump, le jeudi 15 janvier (date commémorative de l’anniversaire de l’assassinat du Révérend Pasteur Martin Luther King). En effet, la presse américaine a révélé une suite de propos « dénigrants et irrévérencieux » tenus par le président des États-Unis d’Amérique à l’encontre d’Haïti et de plusieurs pays africains.

 Le républicain qui, selon les informations rapportées, les a traités de « pays de merde » en a profité pour exprimer sa préférence pour des immigrants venus de pays scandinaves comme la Norvège (pays le plus heureux du monde selon les indices du développement humain). De nombreux Américains, des personnalités politiques influentes, comme le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, ont pris part au rassemblement des Haïtiens contre le racisme. Ce dernier a rappelé que les États-Unis sont un pays construit par des immigrants, et en ce sens il ne peut en aucun cas accepter le comportement de Donald Trump qui déconsidère les gens en provenance d’Haïti ou de pays d’Afrique. Parallèlement au rassemblement de Time Square, des Haïtiens ont marché sur un pont reliant Palm Beach à West Palm Beach pour faire entendre leur voix dans cette vague de protestations. Les manifestants qui étaient des centaines à défiler drapeaux et pancartes à la main ont réclamé des excuses publiques au président américain. Lors de sa campagne, en 2016, Donald Trump s’était rendu à Miami pour rencontrer la communauté haïtienne et demander leur soutien. Beaucoup des manifestants se sentent très offusqués du traitement qu’ils subissent aujourd’hui en récompense du choix effectué.

Pendant toute la durée de la marche, les protestataires ont exprimé à travers des chants en créole et en anglais leur amour pour Haïti et leur affection pour les États-Unis. Pourtant, malgré ses propos injurieux, un petit groupe de partisans de Donald Trump était présent pour apporter leur soutien au président républicain et scandait « in Trump we trust ».

En Haïti, dans une certaine mesure, le président Jovenel Moïse a appuyé la déclaration de Donald Trump qu’il a pourtant qualifiée de « bizarre ». En effet, dans une interview exclusive à Bloomberg, le chef de l’État s’est basé sur ce qu’il appelle « le gaspillage de l’argent des contribuables américains en Haïti » soulignant qu’un peu plus de 1,4 milliard de dollars d’aide annuelle au développement est consommé dans un « état de désordre » accusant les résultats que l’on connaît. Une situation qu’il faut corriger au plus vite estime le président haïtien qui travaille à stimuler les agences de développement à l’adoption d’un plan priorisant la construction d’un réseau électrique national, d’infrastructures routières dans les différents départements du pays, d’écoles et de cliniques médicales.

Cossy Roosevelt