Michele King Soffer, une philanthrope au grand coeur

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David Vance
David Vance

Originaire du sud de Floride, Michele King Soffer, 47 ans, a toujours revendiqué fièrement ses racines haïtiennes. Elle est cofondatrice de New Hope 4 Haïti, un orphelinat basé aux Cayes et également vice-présidente du conseil d’administration de ACT, Ayiti Community trust, un fonds de subventions aux actions communautaires.

Le grand-père de Michele était un US Marine déployé en Haïti pendant l’occupation américaine du pays (1915-1934). C’est là qu’il a épousé une Haïtienne et a fait d’Haïti sa maison. Gordon Robert King Jr, le père de Michele, est né et a grandi aux Cayes, avant de déménager à Miami pour y épouser Jeannette. 

Pour Michele, une ancienne mannequin mariée depuis 2013 à Donald Soffer, le développeur d’Aventura et de la marque Turnberry Isle, Haïti est longtemps resté un pays lointain.  Connu seulement par les peintures colorées de son enfance, la cuisine typique et savoureuse de sa grand-mère et la langue créole riche et familière que son père parlait à la maison, elle n’y avait pourtant jamais mis les pieds. Tout a changé après le tremblement de terre de janvier 2010. La catastrophe dévastatrice l’a conduite peu de temps après dans un voyage de découverte. Il s’agissait seulement d’une rapide excursion pour satisfaire la curiosité de Michele qui avait grandi en pensant qu’Haïti était un pays trop dangereux à visiter. La belle blonde aux yeux verts y trouve finalement ses racines haïtiennes et se consacre dès lors pleinement à New Hope 4 Haiti, un orphelinat aux Cayes, qu’elle a fondé avec Josette Baker, une Haïtienne qui s’occupait de « Bob » King, Jr. lorsqu’il était malade et jusqu’à sa mort en 2014. Au départ, il s’agissait d’une maison inachevée de seulement trois chambres que Michele a fait rénover et agrandir pour ajouter 11 chambres supplémentaires afin d’y accueillir les 34 enfants de l’orphelinat. Ils la surnomment Mimi et lui remplissent le cœur chaque jour. Quant à elle, elle se charge de leur éducation et de subvenir à tous leurs besoins. « Je leur donne de quoi manger, je leur offre l’accès aux soins de santé, je leur achète des lits pour qu’ils ne dorment plus a même le sol… ». En septembre 2016, juste avant l’Ouragan Matthew, Michele avait fait installer à NH4H un nouveau système de filtration de l’eau qui fonctionne sur batterie solaire. Pour Michele, cet orphelinat est bien plus qu’une simple cause. Il ne s’agit pas uniquement de soutenir les enfants financièrement. Elle reste impliquée au quotidien dans leur vie et leur consacre son temps et son énergie pleinement.  « Les enfants ont beaucoup évolué déjà. Je vois une telle différence depuis que je les ai rencontrés. Ils rêvent tous d’avoir une éducation supérieure parce qu’ils savent combien il est important de prospérer ». 

En parallèle, Michele s’investit énormément auprès de Ayiti Community Trust, un nouveau fonds de dotation en partenariat avec la Miami Foundation, dont elle est aujourd’hui la vice-présidente. 

L’aide offerte jusqu’ici par les ONG de passage en Haïti après une catastrophe ne suffit jamais à remettre le pays sur pied. « Les ONG accordent des subventions et partent ensuite. Il n’y a pas eu de durabilité ! Il faut trouver un moyen pour que le pays puisse commencer à prospérer et ne pas dépendre de tout le monde, tout le temps », confiait récemment Michele à Challenges. 

Son objectif le plus immédiat est de changer la vision de la philanthropie impliquant Haïti par l’intermédiaire de ACT, qui cherche à lever 20 millions de dollars pour subventionner des organisations locales, engagées dans l’environnement, l’entrepreneuriat et l’éducation civique.

Même si elle est née aux États Unis, Michele porte Haïti dans son cœur : « J’aime la culture, la nourriture et l’odeur d’Haïti. Il y a quelque chose de tellement beau et magique dans ce pays que je voudrais pouvoir contribuer à l’aider autant que possible. »

Leslie Gelrubin Benitah