Miami: Michaël Brun – donner au suivant

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MICHEL BRUN imprègne sa musique des rythmes traditionnels haïtiens. Photographie DR.

Michaël Brun, installé aujourd’hui à Miami, souhaite ouvrir sa plateforme musicale aux artistes haïtiens. Rencontre avec ce jeune DJ haïtien de 23 ans.

Pour Michaël Brun, tout ne se résume pas à la musique. Reconnu d’abord pour son style unique fusionnant électronica et musiques traditionnelles haïtiennes comme le kompa et le rara, le producteur de 23 ans installé à Miami et qui est derrière le tube Wherever I Go est investi d’une autre mission : passer le flambeau à d’autres aspirants musiciens haïtiens.

À quelle fréquence retournez-vous en Haïti ?
« En fait, je suis en ce moment même à Haïti pour un voyage de dernière minute. Ma mère célébrait son anniversaire la semaine dernière et je suis venu rendre visite à ma famille, mais aussi rencontrer les étudiants de l’Audio Institute ! »

Quel effet cela vous a-t-il fait de voir votre travail récompensé lors de l’événement du consulat haïtien de Miami ?
« Ce fut une véritable surprise ! Je ne pourrais pas me sentir plus honoré par ce prix du consulat. C’est un immense bonheur et une grande fierté pour moi que cette musique a pu toucher tant de gens. J’ai toujours eu à cœur de montrer que nous pouvons être fiers de nos origines. »

De quelle façon la culture haïtienne a-t-elle influencé votre musique ?
« J’ai toujours eu un amour profond du rythme et je crois qu’il s’est développé à travers la musique haïtienne. J’ai grandi à Port-Au-Prince où j’ai entendu tous les genres musicaux au cours de mon enfance. Lorsque j’ai commencé à produire de la house progressive, mon approche était plutôt axée sur la mélodie et les émotions mais, inconsciemment, j’imprégnais ma musique de ces rythmes. »

Quel parallèle peut-on faire entre Wherever I Go et l’évolution d’Haïti ?
« Wherever I Go est le fruit d’une collaboration avec plusieurs personnes et cette chanson n’aurait jamais eu un tel succès si nous n’avions pas tous travaillé ensemble. Nous possédons chacun nos forces que nous avons unies pour créer quelque chose de plus grand que chacun d’entre nous. Nous avons laissé nos ego à la porte et je crois qu’il s’agit d’un élément clé du succès de la chanson. Ceci peut tout aussi bien s’appliquer au bon fonctionnement d’une société. Par la collaboration et le travail, nous pouvons accomplir de grandes choses. »

Votre père est Haïtien. Comment a-t-il réagi à la chanson ?
« Il a adoré. En fait, il était avec nous dans le studio de l’Audio Institute, j’ai donc pu voir sa réaction sur le champ. Mon père a déjà eu un groupe appelé Skandal et c’est un musicien incroyable, alors d’avoir sa bénédiction a rendu toute cette expérience très spéciale pour moi. »

En quoi la création de votre label Kid Coconut, une plateforme pour d’autres artistes haïtiens, était-elle importante ?
« Avec Kid Coconut, mon premier objectif était de partager la meilleure musique possible mais aussi d’offrir le même type d’aide et de soutien que j’ai reçu lorsque j’ai commencé à produire. Un DJ nommé Dirty South a vu du potentiel en moi. Il a publié mes premières productions et m’a offert une plateforme pour me permettre d’évoluer en tant qu’artiste sur son propre label, ce qui était essentiel pour moi. J’ai compris que je pouvais maintenant en faire autant, et mon équipe et moi savions que nous pourrions y parvenir avec Kid Coconut et offrir cette chance à des artistes d’Haïti et du monde entier. »

Chris Azzopardi