LES SOUVENIRS NOSTALGIQUES de ce que le pays a jadis été sur le plan agricole ne peuvent suffire à changer le paradigme de la déficience structurelle du secteur agraire. Aujourd’hui plus que jamais, il importe de mesurer les impacts sociaux et économiques d’un laxisme étatique qui perdure au détriment du peuple haïtien et de l’avenir même de la patrie.

Bien que sombres, les perspectives ne sont pas pour autant fatalistes. L’exemple du Rwanda, dont l’économie nationale repose sur l’agriculture, est à suivre. Avec une population de plus de 10 millions d’habitants, ce pays est en plein essor grâce à la mise en place de politiques agricoles durables. Gestion durable des terres et des bassins-versants, création de coopératives, entretien des infrastructures d’irrigation, support aux producteurs, contrôle de qualité, soutien à l’exportation, l’État rwandais a misé sur l’agriculture pour faire reculer la pauvreté. Et ça fonctionne ! La volonté des instances gouvernementales est cruciale pour le développement de nos filières agricoles mais chaque citoyen a également un rôle à jouer en donnant la priorité à l’achat local. C’est une prise de conscience des impacts du « dumping », de l’importation massive et de la contrebande sur l’économie et surtout sur les familles haïtiennes. La production nationale comporte son lot de défis et la valoriser ne peut que participer à la réduction des iniquités.

Carla Beauvais