L’oavct, entre assurance et incertitude

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Istock / Getty Images
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Plus de six grèves en dix-sept mois, l’Office d’Assurance Véhicule Contre Tiers est aujourd’hui fragilisé. Parmi les premières mesures prises par le gouvernement de Jean-Henry Céant, l’installation d’un nouveau directeur général à la tête de l’OAVCT en la personne de Fritzner Bernadel. Ce dernier s’est engagé à remettre sur pied cette entité publique qui retient l’attention de Challenges.

Après moult hésitations et tergiversations, en juin dernier, le président de la République Jovenel Moïse avait été obligé d’intervenir dans la crise qui sévit depuis plusieurs mois à l’Office d’Assurance Véhicule Contre Tiers (OAVCT). Elie Blaise, nommé à la tête de cette institution à la fin du mois de mars, a été limogé suite aux revendications des employés qui n’ont cessé de réclamer sa mise à pied. Il est remplacé par une commission technique de restructuration de trois membres: Wolff Dubic, Coordonnateur, Franck Bonhomme, Coordonnateur adjoint et Goethie Varnelle Morency, membre, par arrêté présidentiel en date du 22 juin 2017. Quelques mois plus tard, une nouvelle série de grèves est déclenchée pour renverser la commission technique… et puis s’enchaînent des arrêts de travail récurrents pour protester contre le mauvais traitement salarial.

Une institution avec une importante mission
« Contrairement à la croyance populaire qui renvoie la fonction de l’OAVCT à une simple question d’accident de circulation, la mission de l’institution est bien plus importante », précise Wolf Dubic. Elle va de celle de protéger et sécuriser les usagers de la voie publique (piétons, véhicules) et tous ceux qui s’y exposent, jusqu’à une couverture d’assurance à tous les véhicules à moteur circulant sur tout le territoire national, explique-t-il. L’organisme public d’assurance des véhicules s’occupe de la protection des personnes et des immeubles exposés aux risques de la circulation. Il offre des services tels que l’émission de police d’assurance, le renouvellement, le transfert de nom, le transfert de type, l’expertise des véhicules, le constat d’accident, le service ambulancier, etc. Cependant, l’institution est sollicitée dans d’autres cas tels que les vols de véhicules, les saisies de véhicules, l’accident, le procès, les litiges impliquant un véhicule. L’office se structure autour de deux directions clés : la « Direction des opérations » qui s’occupe de l’ensemble des opérations commerciales effectuées au sein de l’institution aboutissant à l’émission d’une police d’assurance ; et la « Direction du suivi des accidents et expertises » dont la tâche essentielle consiste à assurer le suivi des accidents, depuis la déclaration jusqu’au dédommagement des victimes et dans l’expertise des véhicules. Ces deux directions constituent le début et la fin du contrat d’assurance conclu entre l’OAVCT et les propriétaires de véhicule.

Une administration en crise à l’interne
« Un petit groupe d’employés, qui ne sont que des fauteurs de troubles, ne souhaite pas reconnaître le travail ardu de la commission », a déclaré Monsieur Dubic lors d’une entrevue sur une station de radio de la capitale. Ce denier, vante les réalisations de la commission qu’il préside, malgré les revendications répétitives des employés. Le numéro 1 de l’OAVCT rappelle qu’en quelques mois « la commission a versé 240 millions de gourdes à la pension pour les employés de la boîte », et ajoute , « Avant l’arrivée de la commission, l’OAVCT enregistrait un déficit de 200 à 300 millions de gourdes par an. Ces cinq dernières années, et en 2018, non seulement la commission a-t-elle remboursé les dettes, mais elle a aussi collecté un fonds de 70 millions de gourdes pour les caisses de la boîte ». Une version de progression qui n’est pas cadrée avec ce que croit le président du syndicat de l’OAVCT, Jean Roody Saint Juste, qui reproche au coordonnateur de la commission d’avoir entamé des démarches démagogiques visant à réduire le personnel à seulement 250 employés.

Marc Evens Lebrun