L’industrie touristique de la Caraïbe dévastée

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ISTOCK/ GETTY IMAGES
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L’industrie touristique de la Caraïbe tente de se relever après avoir été durement affectée par les ouragans Irma et Maria en septembre dernier. Les dégâts enregistrés ont été si alarmants qu’ils pourraient remettre en question tout voyage programmé pour le restant de l’année 2017.

Les Antilles françaises, Antigua-et-Barbuda, les Îles Vierges américaines, la Dominique et surtout Porto Rico ont payé un lourd tribut les passages dévastateurs d’Irma et Maria, les deux ouragans les plus monstrueux enregistrés jusque-là dans l’Atlantique. Une facture plus salée que celle affligée à Cuba, à la République Dominicaine, la Jamaïque et les Bahamas, qui, pourtant, n’ont pas été épargnés.
Les infrastructures touristiques ont cédé à la fureur des vents violents et à la rage des pluies torrentielles qui accompagnaient les deux tempêtes tropicales. Les aéroports, hôtels et nombreuses plages ont été quant à eux nettement inondés. Il faudra certainement plusieurs mois à la ville de San Juan, la capitale de Porto Rico, pour se refaire l’image de ville touristique qu’elle renvoyait auparavant. La destruction de cette cité caribéenne, connue pour son architecture coloniale espagnole datant de plus 500 ans, était absolue. Selon le maire Carmen Yulin Cruz, de nombreuses parties de la capitale sont complètement submergées.

120 milliards de dollars de pertes

Irma laissait 600 000 personnes sans électricité et 50 000 sans eau à Porto Rico alors que le bilan du passage de Maria est de loin plus considérable. Le pays entier est privé d’électricité. « Selon les experts, cela va prendre de deux à six mois pour restaurer ces infrastructures, mais la réalité c’est qu’il faudra dix ans pour tout remettre en état », s’est plaint Carlos Mercader, un porte-parole du gouvernement local. La situation était si chaotique que le président Donald Trump a dû déclarer l’état de catastrophe naturelle afin de débloquer des fonds fédéraux pour venir en aide à ce territoire américain de 3,4 millions d’habitants. Les Îles Vierges, Antigua-et-Barbuda, Dominique, Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, toutes ces Îles et archipels ont été dévastés totalement ou partiellement. L’agence de modélisation Enki Reseach évalue à 120 milliards de dollars les pertes enregistrées, y compris la Floride et le Texas.

Rétablir les infrastructures touristiques

Les correspondances internationales et les aéroports ont repris depuis fin septembre leurs horaires réguliers aux Bahamas. « Les aires touristiques majeures, telles Nassau, Paradise Island, Grand Bahamas Island et Exumas, comptent sur les opérations normales des hôtels et accueillent désormais les visiteurs. Les croisiéristes reprennent également leurs itinéraires s’arrêtant aux Bahamas », pouvait-on lire sur le site paxnouvelles.com à partir du 22 septembre. En revanche, cela va être plus difficile pour Antigua-et-Barbuda, dont l’Île de Barbuda a vu 90 % de ses résidences détruites. Les vols d’American Airlines ont repris sur les Îles Vierges américaines. Au 13 octobre, ce n’était pas encore le cas pour Saint-Thomas, dont l’Aéroport Cyril E. King n’était ouvert qu’aux vols humanitaires au moment de la rédaction de cet article.

Après Porto Rico, Saint-Martin a été le plus affecté par ces deux ouragans. Certaines compagnies aériennes annulaient leurs vols sur l’Île jusqu’à nouvel ordre, d’autres prévoyaient d’y revenir en 2018 tellement le chantier est considérable. Toutes les infrastructures touristiques de ce territoire que partagent la France et la Hollande ont été endommagées ou détruites et les travaux de leur réhabilitation dureront jusqu’en 2018, selon les prévisions de l’office du tourisme local. Si l’aéroport international de Provinciales a recommencé à accueillir des vols depuis le 11 septembre, les hôtels et les sites touristiques n’ouvriront leurs portes qu’en hiver. De son côté, le gouvernement cubain s’active à tout remettre en place dans l’espoir de retrouver toutes ses capacités d’ici le prochain hiver. Les aéroports de Coyo Coco et Santa Clara, qui se trouvent dans la partie orientale du pays durement touchée par Irma, ont redémarré leurs opérations le 31 octobre. Ceux de l’Est ont repris progressivement leurs activités.
Porto Rico était la 4e destination de la Caraïbe, avec environ 2 millions de visiteurs par an, derrière la République Dominicaine, 5 millions ; Cuba, 3 millions et la Jamaïque, 2 millions. Les Bahamas, 1,5 million ; Aruba, 1 million ; les Îles Vierges américaines, 800 000 ; la Barbade, 600 000 ; la Martinique, 500 000 et Saint-Martin, 500 000. Ces destinations ont toutes un point commun, leur économie est fondée en grande partie sur le tourisme.

Guamacice Delice