L’industrie d’assemblage, une solution pour Haïti

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Reuven Bigio, président du GB Group et Amy Hsu, présidente de RSI

La création d’emplois est incontournable au développement économique en Haïti comme ailleurs. L’industrie d’assemblage est une locomotive qui peut transformer ce rêve en réalité. Haïti a tous les atouts pour créer 300,000 à 500,000 emplois : une main-d’œuvre quali ée et compétitive ; la proximité avec les États-Unis, le plus grand marché du monde ; des lois faites sur mesure pour stimuler la croissance économique du pays (Hope/Help Acts).

Lemploi est source de richesse bien plus en Haïti qu’ailleurs où un salaire permet à plusieurs personnes de vivre décemment. Cette industrie axée sur l’exportation a fait la richesse de beaucoup de pays et particulièrement les pays asiatiques. Haïti, dont les exportations agricoles sont insignifiantes, dépend des transferts de la diaspora pour financer ses importations. Il n’est plus permis de rêver sans avoir une politique déterminée pour mettre tout un chacun au travail. Ce pays ne peut plus être géré en dilettante. Il lui faut impérativement une ligne directrice, un « Master Plan » de développement sur une durée minimum de 10 à 15 ans.

À ce titre, Challenges a assisté le 2 Novembre dernier à la signature d’un accord plein d’espoir et de promesses pour le pays qui s’est déroulée dans une ambiance de convivialité en la résidence privée de Monsieur Reuven Bigio qui accueillait la Présidente de la compagnie RSI, Amy Hsu. La soirée s’est déroulée en présence notamment de l’Ambassadrice du Canada, Meme Paula Caldwell St-Onge, l’Ambassadeur de l’Union Européenne, Mr. Vincent Degert, le Directeur Général de l’USAID, Mr. Gene Thomas, et du Directeur des Zones Franches, Mr Rode Preval. Il s’agit d’un contrat à long terme entre le GB Group, et la société taïwanaise ‘’RSI’’ (Reliable Source Industrial Company), qui une fois implémentée à LIFZ occupera plus de 50.000 mètres carrés d’installations pour la fabrication industrielle et emploiera plus de 5000 ouvriers dans un premier temps. Ces emplois s’adresseront tout particulièrement aux habitants des villages de la région de Lafito. Reuven Bigio, DG du GB Group, se réjouit de cette source de création d’emplois stables et durables. Il se dit ‘’particulièrement fier d’accomplir cet énorme pas en avant en créant des opportunités d’emplois pour des milliers de résidents locaux et stimuler le développement économique dans la région et du pays.’’ C’est d’ailleurs à cet effet, entre autres, que Port Lafito avait été inauguré le 2 juillet 2015. La vision du GB group étant de créer 25,000 à 30,000 emplois en 5 ans dans la zone franche.

La zone franche industrielle de Lafito a été développée pour attirer des entreprises internationales de fabrication et relancer les investissements étrangers en Haïti. C’est une zone industrielle de plus de 100 hectares d’espace de fabrication avec des infrastructures modernes qui la rendent l’une des zones économiques des plus compétitives au monde. La zone franche industrielle de Lafito possédera des infrastructures de calibre mondial offrant aux fabricants internationaux tous les services nécessaires pour avoir des usines hautement efficaces. Celle-ci offre une plateforme unique dont le but est d’offrir un accès compétitif à long terme aux marchés régionaux dans un environnement sûr et autonome. Adjacente au Port Lafito, elle offre de plus un centre de données tiers III, une centrale électrique de 25 MW offrant une source d’énergie able et économique et d’autres infrastructures nécessaires pour un développement industriel propre et de cette envergure. Pour améliorer la qualité de vie de ceux et celles qui fréquentent le site, la Zone Franche est également dotée d’espaces résidentiels, commerciaux et récréatifs, grâce à l’île à Cabrits en face. Plus de $150 millions en infrastructures ont déjà été investis dans ce projet qui devient rapidement une destination alléchante pour de nombreuses compagnies internationales. Avec ses infrastructures modernes et les lois Hope/Help, la zone franche de Lafito deviendra un pôle de développement économique important pour l’exportation.

Aide toi le ciel t’aidera

Il faut impérativement remettre Haïti sur le devant de la scène pour l’industrie d’assemblage, jadis une industrie florissante qui a été détruite par l’embargo de trois ans entre 1990 et 1993. Avant l’embargo, le secteur de l’assemblage textile employait plus de 100,000 ouvriers en Haïti. Cette industrie a dû repartir de zéro et 23 ans après, ce secteur industriel a créé 42,000 emplois. Ceci représente $900 millions en exportations, soit 90% des exportations totales du pays. Depuis quelques années, la Banque Centrale a créé un fonds à la disposition des banques commerciales pour le financement d’infrastructures à des taux d’intérêt préférentiels. Cette initiative a été reprise et implémentée par le gouvernement actuel, le nouveau gouverneur de la Banque Centrale, Jean Baden Dubois, le ministre des nances, Yves Romain Bastien et le Président Jocelerme Privert. Ceci est un exemple de l’encadrement que le secteur privé, générateur d’emplois, attendait depuis des années. L’infrastructure en général, comme l’eau, les routes et l’énergie, est essentielle pour les industries.

L’avantage concurrentiel d’Haïti

Avec ses parcs industriels tels que Lafito, Caracol, Sonapi, Groupe Apaid et Palm Groupe, Haïti va devenir l’un des pôles d’attraction les plus attrayants de la Caraïbe. Grâce aux avantages des lois Hope/Help, sa position géographique et le coût de sa main-d’œuvre, Haïti peut désormais rivaliser en termes de prix et de temps de cycle avec des pays concurrents comme le Cambodge, le Vietnam ou le Bangladesh. “Haïti peut rapidement se développer en un marché de 50 milliards de dollars”, à en croire A.K. Azad, PDG du Groupe Ha-Meem, spécialisé dans l’habillement au Bangladesh, lui aussi intéressé à s’implanter et devenir locataire de la zone franche industrielle de Lafito.

Le pays a le potentiel pour attirer de nouveaux investisseurs dans ce secteur, à l’instar de RSI. Néanmoins, le nouveau gouvernement devra prendre de nombreuses mesures pour en garantir la réussite et faire de la création d’emplois sa priorité. Tout ceci n’est envisageable qu’à condition d’avoir enfin un système judiciaire digne de ce nom, d’implémenter les infrastructures physiques et institutionnelles nécessaires et de moderniser les services publics. Un pourcentage important du budget de l’État devra être consacré à la promotion de l’industrie d’assemblage.

L’industrie d’assemblage HAITI
L’industrie d’assemblage HAITI