Les ministères mis à la diète

96
LE PREMIER MINISTRE Enex Jean-Charles veut réduire le budget de l’Etat de 10 milliards de gourdes. Photographie par Timothé Jackson / Challenges

L’administration Privert/Jean-Charles recourt à la rectification du budget initial 2015-2016 ayant prévu des ressources domestiques qui ne sont pas au rendez-vous. Les ministères, entre autres, devraient être impactés. A commencer par celui de l’Agriculture.

Le nouveau budget du pays devrait subir une contraction d’environ 10 milliards de gourdes, passant de 122,6 milliards à 113 milliards de gourdes, soit une réduction de 8 %. Cette modification à la baisse du budget de l’Etat, au troisième trimestre de l’exercice, s’explique principalement par le fait que les prévisions de l’administration Martelly/Paul sont inatteignables au niveau des recettes domestiques espérées pour faire face à l’aide au développement, qui continue de baisser, et à la diminution du financement externe qui provenait de PetroCaribe. Ce projet de loi de finances rectificative, qui vise une baisse des crédits budgétaires, affecte notamment tous les ministères, exception faite du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Au moment où nous écrivons ces lignes, la session extraordinaire de l’Assemblée nationale ne s’est toutefois toujours pas réunie pour se prononcer sur ce projet de loi.

Jusqu’à 70 % de baisse
Le portefeuille du ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), qui représente 14 % du nouveau budget, se voit réduit de 200 millions de gourdes. Parmi les ministères qui subiront les réductions budgétaires les plus importantes, soulignons le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), dont le budget passerait de 11,8 milliards de gourdes à 7,1 milliards. Le MARNDR, dont la précédente administration avait fait l’une de ses priorités, enregistre ainsi une réduction nette de 39,8 %. Pour sa part, le ministère du Commerce et de l’Industrie enregistrerait une baisse de 70 %. Le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) n’a pas été épargné. Les crédits budgétaires qui lui sont alloués devraient chuter de 21,2 %. Le ministère du Tourisme et des Industries créatives serait, quant à lui, privé de 108 millions de gourdes. Son enveloppe est passée de 689 millions à 581 millions de gourdes dans le projet de budget rectificatif, soit une diminution de 24 %. A l’image du ministère du Plan et de la Coopération externe qui perd 31,5 % de son allocation budgétaire. Les ressources du ministère des Affaires sociales diminuent de 13 % tandis que celles du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC) de 15,3 %.

Avec un budget légèrement en hausse, le ministère de l’Education nationale peut s’estimer bien chanceux pour avoir connu une augmentation de 5 %.

Le dépôt, à la Chambre des députés, du projet de loi de finances rectificatives de l’exercice 2015-2016, par le ministre de l’Economie et des Finances Yves Romain Bastien, est intervenu le 5 mai dernier dans un contexte économique difficile qui pourrait encore être aggravé par la crise politique ou par la saison des intempéries qui débute.

Robenson d’Haïti