Les forts : patrimoine à sauvegarder

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Daniel Kedar

MÔLE -SAINT-NICOLAS L’un des forts qui ceinturaient la bourgade de Môle-Saint-Nicolas dans
le département du Nord-Ouest.

La vingtaine de forts édifiés au début du XIXe siècle, aux premières heures de l’indépendance, représente un attrait indéniable pour les touristes qui séjournent en Haïti. Encore faut-il qu’ils soient préservés.

Les touristes demeurent émerveillés devant la beauté des forts haïtiens construits au début de l’indépendance (1804) pour parer à une éventuelle attaque de Napoléon Bonaparte. Une vingtaine de fortifications ont été érigées à cette époque qui s’ajoutaient à des forts datant de l’époque coloniale.

Certains forts ont été rasés depuis plusieurs longtemps à l’image du Fort Riché dont les matériaux ont servi à restaurer la résidence d’Alexandre Pétion qui fut consacrée au Parlement à la fin du XIXe siècle. Le Fort Mercredi et le Fort Dimanche, qui appartenaient à l’ensemble des fortifications protégeant Port-au-Prince, ont désormais disparu ou presque, avalés par des bidonvilles.

Un cadre de protection

Daniel Kedar
Daniel Kedar

LA CITADELLE LAFERRIÈRE Etablie à 900 m d’altitude sur la commune de Milot, la Citadelle Laferrière a été construite entre 1805 et 1820 par Henry Christophe. Située dans le département du Nord, à quelques kilomètres de Cap-Haïtien, elle est inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1982 au sein de l’ensemble du Parc national historique, comprenant notamment le Palais Sans Souci. La Citadelle Laferrière est la plus imposante de toute la Caraïbe.

Les Haïtiens qui souhaitent attirer les touristes autour de ces monuments historiques attendent du Parlement un cadre légal de protection et de gestion des sites, pour éviter le vandalisme. L’abandon de ces forts a parfois produit des effets déplorables, certains s’étant vus transformés en décharges publiques ou ayant servi de carrières de matériaux. Certains forts sont parmi les sites touristiques les plus visités en Haïti, parmi lesquels la Citadelle Laferrière, près du Cap-Haïtien, qui est intégré au Parc national historique avec le Palais sans souci, les forts de Marchand-Dessalines ou encore celui de la Crête-à-Pierrot.

« Ce sont de véritables lieux de mémoire qui ne peuvent être utilisés ni comme marchés, ni comme des places pour les lessives publiques, ni comme magasins pour la vente de matériaux de construction », regrette l’ingénieur David Michel de Fort Liberté.

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Ralph Dupoux

LE PALAIS SANS SOUCI Edifié par Henry Christophe devenu le premier roi d’Haïti sous le nom d’Henri 1er, le Palais Sans Souci se situe au pied de la Citadelle Laferrière.

De son côté, l’ancien ministre de la Culture, l’architecte Daniel Elie, souhaite qu’aujourd’hui soit créée une Direction de surveillance de gestion et de réhabilitation des forts. Mais l’absence de ressources est mise en avant comme argument pour expliquer l’inactivité en ce sens. A l’heure où Haîti retrouve une place sur la carte du tourisme mondial, la préservation de ce patrimoine historique serait pourtant un atout indéniable pour la destination Haïti.

Adyjeangardy