Les CRLDI

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Le centre de réception et de livraison des documents d'identité de Delmas. Cossy Roosevelt/ Challenges.
Le centre de réception et de livraison des documents d'identité de Delmas. Cossy Roosevelt/ Challenges.

Tout citoyen haïtien peut obtenir son passeport dans un délai raisonnable à travers le pays. Cet exercice est rendu possible grâce à la mise en place, par l’Administration Moïse/Lafontant, de Centres de Réception et de Livraison de Documents d’Identité (CRLDI). Cependant, vu le nombre croissant de demandeurs, certaines difficultés persistent.

L’implantation des CRLDI visait initialement à réduire le nombre de personnes à se présenter devant les institutions habilitées à fournir des pièces d’identité telles les Archives Nationales d’Haïti (ANH), l’Office National d’Identification (ONI), la Direction Générale des Impôts (DGI) et la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE). Cependant, c’est tout le contraire qui se produit. Les attroupements devant ces différentes structures ne diminuent pas.

 Quotidiennement, des centaines de gens, cartables à la main, font la queue sous un soleil de plomb dans le seul but d’obtenir une pièce d’identité. Quant aux Centres de Réception et de Livraison de Documents d’Identité, comme celui établi dans l’ère du Champ de Mars (centre-ville de Port-au-Prince), ils sont tous extrêmement sollicités dès 8 heures du matin et jusqu’à 5 heures de l’après-midi. Ulrick Pierre, un jeune garçon de 34 ans, explique qu’il s’est déjà présenté à trois reprises dans ce centre pour y retirer son passeport, mais à chaque fois, on lui donne un autre rendez-vous alors que le document est déjà imprimé. Même cas de figure pour Gina Josephe qui a dû fermer son commerce afin de récupérer sa Carte d’Identité Nationale (CIN).

Comment fonctionne un CRLDI ?
Accéder à l’enceinte d’un CRLDI n’est pas chose facile si l’agent de sécurité ne vous y autorise pas. À force d’insister, on parvient à entrer et l’on tombe sur l’un des responsables du Centre. Très clément, sous couvert de l’anonymat, il accepte de nous livrer certaines informations concernant le fonctionnement de son centre. Une fois la porte principale franchie, on se trouve dans une grande salle où beaucoup de gens sont massés, seulement cette fois, ils sont assis. À quelques mètres de là se trouve le comptoir. Ils sont environ une dizaine d’agents qui reçoivent les dossiers des contribuables. Une deuxième porte s’ouvre sur une salle très exiguë qui sert non seulement de bureau pour le responsable mais également d’espace de travail pour ses collaborateurs. C’est dans ce petit coin qu’il décide de s’installer pour parler du fonctionnement des CRLDI.

« La création des Centres de réception et de livraison de documents d’identité par l’administration Moïse/Lafontant témoigne de la volonté des autorités haïtiennes de mieux servir les contribuables haïtiens », a expliqué le responsable avant d’ajouter qu’il s’agit  d’un ensemble de services qui se concentrent dans un seul et même endroit. Dans le cadre de l’immigration, on peut obtenir un passeport ordinaire, mais pour les dépôts officiels et diplomatiques ou d’un dossier d’adoption, il faut utiliser nécessairement les services du bureau central, apprend-on. « En ce qui concerne la Direction Générale des impôts, on ne peut retirer que sa matricule fiscale. Pour les autres services, il faut se rendre au bureau central ou dans une annexe de la DGI. Pour les Archives nationales, une fois qu’on a un extrait dans le système, on peut vous en délivrer un autre dans trois (3) jours ouvrables. Et s’il s’agit d’un document de  l’Office National d’Identification (ONI), tous les services sont presque disponibles dans les CRLDI, à l’exception de la production qui se fait au bureau central », a-t-il indiqué. Si l’on en croit ce cadre, tout fonctionne comme prévu et les délais de livraison sont respectés dans la majorité des cas.

La cause des attroupements
De l’avis dudit responsable, les attroupements et les tensions qui se dégagent devant les locaux des CRLDI ne sont que le fruit d’une mentalité. La grande majorité des Haïtiens sont impatients, raison pour laquelle ils s’affolent le plus souvent. De plus, fait-il remarquer, les gens qui font la queue ne veulent pas respecter les normes établies au niveau des Centres de réception et de livraison des documents d’identité. « Dans les CRLDI, on utilise un système de rendez-vous pour éviter les trop grandes affluences justement. Un numéro de téléphone (le 105) est disponible 24/24h 7/7 jours pour mieux se renseigner. Mais ils viennent quotidiennement se masser devant nos locaux, espérant trouver quelqu’un qui peut faire accélérer leur dossier », déplore-t-il expliquant que c’est un véritable casse-tête pour les agents de sécurité. Ceux ci doivent en effet prévenir tout débordement alors que les gens veulent tous renouveler leur CIN en un seul jour sans suivre les procédures normales.

Le service d’immigration du CRLDI qui se trouve au Champ de Mars, à lui seul reçoit entre 400 à 600 personnes par jour. Le cas n’est pas différent dans les autres structures du genre. Puisque les causes sont identifiées, le problème des attroupements peut être résolu par l’amélioration du système d’information et par l’éducation notamment.

AN