L’école est un droit

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Photo by Julie Rouzier

Si le MENFP vient de publier son enquête sur la cartographie scolaire, des inégalités sur le territoire, et donc entre enfants, existent. Notamment dans le département du Centre où l’ONG ActionAid est à l’initiative de formulations adressées au ministère pour obtenir un droit essentiel : le droit à la même école pour tous.

A
lors que le Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a rendu publiques les données de son enquête sur l’état des lieux des écoles en Haïti aux fins d’améliorer la qualité de l’enseignement, les conditions dans lesquelles l’apprentissage des enfants se déroule dans plusieurs départements du pays laissent à désirer.

Photo by Timothé Jackson / Challenges
Photo by Timothé Jackson / Challenges

TOUS LES ENFANTS haïtiens doivent avoir accès à une école de qualité.

Le cas du département du Centre retient ainsi l’attention de l‘ONG ActionAid qui a exploré notamment les communes de Lascahobas et de Hinche, puis partagé avec des leaders communautaires ses observations. « Les droits des enfants à l’école ne sont pas respectés dans le département du Centre », constate ActionAid. L’organisation non gouvernementale a, en décembre dernier, organisé avec l’implication des principaux acteurs concernés (directeurs d’école, enseignants, parents, élèves et responsables locaux) un forum au cours duquel des recommandations ont été formulées. Ces réflexions ont donné lieu à un document intitulé La Résolution de Hinche, signé par les participants dans les locaux de la CARITAS/Hinche. Ronald Sainvil, qui animait la séance, dit espérer que « le MENFP prendra en compte le document pour pouvoir se saisir des vrais problèmes du système éducatif haïtien ». Ronald Sainvil, impliqué dans la coordination du projet intitulé Promotion des dix Droits de l’enfant à l’école, attire l’attention des décideurs sur la situation des infrastructures scolaires, le non-paiement des enseignants (pendant plus de deux ans) et le niveau de formation de certains maîtres qui enseignent dans une langue, le français, qu’ils ne maîtrisent pas correctement.

Photo by Timothé Jackson / Challenges
Photo by Timothé Jackson / Challenges

La Résolution de Hinche pour compléter les 12 mesures
La Coordination pour des actions en santé pour le développement d’Haïti (COSADH) et le Mouvement des paysans de Papaye (MPP), qui se félicitent des résultats de cette mobilisation en faveur du respect des droits de l’enfant à l’école, estiment nécessaire de la maintenir afin de pousser le ministère de l’Education à prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour changer véritablement les conditions de l’enseignement en Haïti. Ceci dans l’intérêt des professeurs, des enfants et des jeunes. La Résolution de Hinche se propose de compléter et de renforcer le document dit des « 12 mesures », adopté par le MENFP au cours de la période 2013-2014, en vue d’améliorer la qualité de l’éducation. La présentation de la résolution était l’occasion pour des directeurs d’école et professeurs de monter au créneau pour dénoncer l’indifférence du MENFP face aux problèmes auxquels ils sont confrontés entraînant de graves répercussions sur la qualité de l’enseignement. Des mineurs ont également affirmé recevoir un enseignement au rabais et dans des conditions exécrables au mépris des droits fondamentaux des enfants à l’école. La résolution plaide notamment en faveur d’une école gratuite pour tous sans discrimination aucune, de l’application des « 12 mesures » du MENFP, de l’existence d’une seule école sur toute l’étendue du territoire national, de la construction d’établissements scolaires répondant aux normes modernes de l’apprentissage, du recrutement d’enseignants qualifiés, de l’amélioration des conditions salariales des enseignants et de la promotion du civisme et des droits de l’enfant à l’école. Un énorme chantier qui reste à mettre en œuvre.

Cossy Roosevelt