Le Mupanah, un acteur clé de l’économie touristique haïtienne

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Photographies par Timothé Jackson/ Challenges
Photographies par Timothé Jackson/ Challenges

Inauguré comme mausolée des pères de la Patrie le 18 mai 1975, le Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH) est au cœur de l’économie touristique, avec une fréquentation moyenne de 7 000 visiteurs haïtiens et 500 étrangers tous les mois.

Le MUPANAH, jouxtant le site du Palais national au Champ de mars, est le plus ancien musée du pays mais aussi le plus grand en termes de capacité, si l’on peut se fier aux explications de l’un des guides, Hérold Louis. Baptisé le 7 avril 1983 comme étant le Musée du Panthéon national haïtien, ce conservatoire public, présente l’histoire d’Haïti depuis la période précolombienne jusqu’à aujourd’hui. Créé par décret (celui du 20 octobre 1982), avec la vocation de conserver précieusement les restes des « pères de la nation » : Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henry Christophe et Alexandre Pétion… le bâtiment qui l’abrite voit défiler chaque jour de nombreux hommes et femmes piqués par la curiosité de lier connaissance avec l’histoire d’Haïti.

Le gardien de la mémoire nationale
Pour immortaliser tout ce qui a rapport à la mémoire du peuple haïtien, le MUPANAH dispose de deux salles d’exposition. La première est une salle historique, consacrée à l’exposition permanente. Celle-ci met en valeur des objets témoins de la gloire de nos héros et des documents historiques de la période précolombienne jusqu’à la période contemporaine, en passant par la période révolutionnaire pendant laquelle l’armée indigène a combattu le système colonial français pour parvenir à l’abolition de l’esclavage et à la création de la première République noire indépendante. La deuxième salle est plutôt artistique et destinée aux expositions temporaires durant lesquelles le MUPANAH expose un riche répertoire d’œuvres d’art, qui réunit les toiles des grands maîtres de la peinture haïtienne. Le MUPANAH présente aussi des pièces archéologiques et ethnographiques, comme les objets Taïnos, des artefacts des époques coloniales espagnole et française, comme l’ancre de la Santa-Maria ou des fers d’esclaves datés du XVIIe siècle, des documents historiques témoignant de la vente d’esclaves, une moule de pain de sucre, la cloche de la liberté sonnée lors de l’abolition de l’esclavage le 29 août 1793, des fusils à baïonnette des officiers de l’armée indigène, et bien d’autres trésors.

Le MUPANAH reçoit quotidiennement des visiteurs.

Un espace à découvrir au moins une fois dans sa vie
Tous les Haïtiens, en particulier les écoliers, devraient visiter le MUPANAH au moins une fois dans leur vie pour plusieurs raisons. D’une part, cela leur permettrait de mieux cerner l’histoire du pays depuis la période précolombienne, et d’autre part, de participer à la préservation de l’institution en apportant leur contribution au budget de fonctionnement. Avec un tarif d’entrée fixé à 30 gourdes pour les enfants, 60 gourdes pour les jeunes et étudiants, 175 gourdes pour les adultes et 250 gourdes pour les touristes, le MUPANAH est accessible à tous. D’après Bruno, le réceptionniste qui accueille les visiteurs et collecte l’argent des tickets d’entrée, le poids économique du MUPANAH dans le secteur touristique est non-négligeable. Sur l’ordinateur qui totalise le nombre des visiteurs, Bruno précise que près de 7 000 Haïtiens (enfants, étudiants et adultes) et 500 touristes étrangers visitent le Musée tous les mois. Des visites qui permettent de collecter près d’un million six cent quatre-vingt mille (1 680 000) gourdes tous les mois et qui représentent près de vingt millions cent soixante mille (20 160 000) gourdes chaque année. Ce résultat n’est possible que parce que le MUPANAH reste ouvert 7 jours sur 7, et même durant les jours fériés.

Marc Evens Lebrun