Le défi de replacer Haïti sur la carte touristique mondiale

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Photographies par Ralph T Joseph
Photographies par Ralph T Joseph

Chaque manifestation violente apporte son lot de conséquences. Notamment, la décision de plusieurs agences de voyages de retirer Haïti de leur liste de destinations, et les avis diffusés par certains pays comme les États-Unis déconseillant à leurs ressortissants de visiter l’Île pendant les périodes d’agitation politique. Le Ministère du Tourisme et des Industries Créatives (MTIC) a fort à faire pour changer la donne.

L’industrie touristique est sans nul doute l’un des secteurs le plus sévèrement affecté par les évènements violents de février dernier. En effet, d’importants hôtels ont vu leurs rentrées chuter de plus de la moitié, et ont dû congédier une bonne partie de leur personnel. Au même titre, des galeries d’art, des restaurants de luxe, sont au bord de l’effondrement, et ne peuvent plus honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs créanciers.

Une vue de l’Habitation Jouissant, Cap-Haïtien.
Une vue de l’Habitation Jouissant, Cap-Haïtien.

Du fait de la réduction du flux des vols à destination d’Haïti et de la diminution drastique du nombre de voyageurs, les activités à l’aéroport international Toussaint Louverture étaient à leur plus bas niveau un mois après le mouvement «pays lock» qui a duré une dizaine de jours. L’image d’Haïti mise à mal est la plus grande préoccupation du MTIC qui s’engage à exploiter toutes les initiatives permettant de changer la perception actuelle. En ce sens, une délégation du ministère du tourisme, à laquelle s’est joint un groupe de Tour-opérateurs locaux, a pris part à la Bourse internationale de Berlin (ITB), un évènement qui a rassemblé plusieurs états caribéens au cours de la première semaine du mois de mars. C’etait l’occasion de présenter la « marque-pays Haïti » et de promouvoir les trois pôles touristiques du pays, en l’occurrence le Sud, l’Ouest et le Nord, qui, selon le MTIC, constituent « la force attractive de la destination Haïti ». Il était aussi question de vendre un tout nouveau produit baptisé « Grottes et canyons » du Sud d’Haïti, un projet qui vise les marchés-niche du tourisme d’aventure, sportif et solitaire.

Le tarmac de l’aéroport international du Cap-Haïtien.

Profitant de la vaste plateforme ITB, la délégation du ministère du tourisme a également présenté son premier topoguide qui s’inscrit dans le cadre de son programme RIAT-Sud/TCD, une initiative supportée notamment par la Banque Interaméricaine de développement (BID). Toujours dans l’objectif de projeter une nouvelle image d’Haïti à l’étranger et d’attirer à nouveau des centaines de milliers de visiteurs, le ministère du tourisme s’active à préparer les prochaines « hautes saisons touristiques» de 2020, impliquant le Grand Nord, et en particulier le Cap-Haïtien qui va célébrer ses 350 ans de création. L’ensemble des acteurs concernés, les Tour-opérateurs, en particulier, seront au centre de tous les efforts visant à garder Haïti sur la carte touristique mondiale.

Cossy Roosevelt

Quelques-uns des tour-opérateurs d’Haïti
Destination Créole (Cap haïtien), Haiti Roots (Tourisme écoresponsable et solidaire), ATH, Tourism Innovative Summit, Sunrise Airways, Explore Caribbean, Explore Haïti, Agence Citadelle…