Le débat présidentiel de la ccio n’a pas eu lieu

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Photographie par Tatiana Mora Liautaud

Quatre pupitres, un candidat. Jovenel Moïse est le seul à avoir honoré l’invitation de la Chambre de Commerce d’Industrie de l’Ouest (CCIO) le jeudi 29 septembre. Jude Celestin, Moïse Jean-Charles et Jean Henry Céant ont brillé par leur absence laissant le champ libre au prétendant à la présidence du PHTK. 

Jeudi 29 septembre, 2 heures de l’après-midi, les organisateurs du débat présidentiel se remuent dans la grande salle de conférence de l’hôtel Karibe Convention center. À 4 heures, tout est enfin prêt. Cependant, la pression se fait ressentir face à l’éventualité du désistement d’un troisième candidat, en l’occurrence Jean-Henry Céant. La veille, Moïse Jean-Charles, le leader de Pitit Dessalines, annonçait sa décision de ne plus participer à la séance alors que la possibilité d’avoir la présence de Jude Célestin était quasi nulle. Pour la CCIO, il n’était pas question d’annuler l’événement par respect aux partenaires et aux nombreuses personnes qui avaient fait le déplacement.

90 minutes pour convaincre
En lieu et place d’un débat, Jovenel Moïse s’est vu accorder 90 minutes pour convaincre l’électorat haïtien à travers une assemblée composée en partie de membres du secteur privé des affaires. Les questions posées par les invités eux-mêmes tournaient, en particulier, autour des plans que Jovenel Moïse aura à développer pour adresser les problèmes les plus urgents du pays. Le candidat à la présidence du parti haïtien tet kale (PHTK) se réjouit de l’opportunité offerte par la CCIO de présenter une fois de plus sa vision, ses projets et surtout ses plans pour remettre Haïti sur les rails du développement tout en critiquant les trois prétendants à la magistrature suprême de l’Etat qui ont boudé l’initiative. « En boycottant ce débat, ils démontrent qu’ils n’ont aucun respect pour le peuple haïtien, pour le secteur privé haïtien qui doit tirer des leçons. Il est clair que ce sont ces derniers qui avaient fait annuler la présidentielle du 25 octobre 2015 et aggraver la crise politique », dénonce Jovenel Moïse ajoutant « je ne fais jamais partie d’un problème, je fais toujours partie de la solution ». Pourtant, ses adversaires qu’il appelle de préférence ses « compétiteurs » prétendent le contraire affirmant que le Conseil électoral provisoire de Pierre Louis Opont voulait à tout prix organiser un référendum au profit du poulain de Michel Joseph Martelly. En d’autres termes, soutiennent plusieurs des anciens membres du G8, Monsieur Moïse a toujours été favorisé au détriment des autres candidats.

« Ciel, terre, eau et humains »
L’application de sa formule qui consiste à combiner « ciel, terre, eau et humains » dépend, dit-il, de la stabilité politique, et promet d’œuvrer en ce sens. « Tous les pays de la région ont résolu leur problème politique, nous pouvons le faire aussi en extirpant de nous le virus de la division », martèle-t-il. Se montrant conscient de l’ampleur des défis qu’il aura à relever s’il est élu président, Jovenel Moïse se propose de faire les « états généraux sectoriels de la nation » qui faciliteront la bonne gouvernance et le renforcement des institutions de la république. « En raison de certaines faiblesses, n’importe qui peut instrumentaliser une entité publique pour essayer de détruire un citoyen valable», déplore l’ancien PDG d’Agritans faisant allusion à l’UCREF. « Mon gouvernement, répète le politicien, prendra des dispositions afin de protéger le secteur privé qui représente le moteur du développement ».

La majorité des participants ou presque sont sortis satisfaits des réponses du candidat du PHTK qui promet de relancer la production agricole, de créer des infrastructures modernes et de favoriser la scolarisation de tous les enfants haïtiens. L’option « causerie avec les invités » a eu donc tout son éclat et la vingtaine de sponsors n’ont pas à se plaindre en termes de visibilité.

Cossy Roosevelt


Jovenel Moïse se réjouit de l’opportunité offerte par la CCIO et présente une fois de plus sa vision.