La fête quand même

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Timothé Jackson / Challenges

Malgré un contexte qui ne se prêtait pas aux plaisirs carnavalesques, avec notamment une première journée annulée pour des raisons de sécurité, le carnaval a tout de même pris ses quartiers durant deux jours à Port-au-Prince.

LE CARNAVAL HAÏTIEN DE 2016, amputé de sa première journée du dimanche gras, a eu lieu quand même. Il s’est montré assez maigre le lundi et le mardi gras, deux journées où il flottait dans ses habits, sans sa corpulence habituelle. Sept groupes ont quand même pu se faire acclamer (Boukman Eksperyans, Barikad Crew, Mass Konpa, Bel Plezi, Carimi, Kreyol La et Rockfam).

Pas de politique sur le parcours, ni de politiciens du pouvoir ou de l’opposition en vue. Sur les 60 stands prévus dont certains ont été détruits la veille par des manifestants en colère contre le pouvoir, il n’en restait que 30 sur le parcours, sans celui de la présidence ni le centre de santé ambulant de la Première Dame. Le stand de la primature, érigé au Champ de mars, est lui aussi resté vide durant les deux journées de festivités. Le chef de l’État après son discours d’adieu à la Nation le 7 février est rentré chez lui et n’a pas joué sa meringue polémique. Le contexte ne s’y prêtait pas. Même T-Vice et Djakout #1 qui, ces dernières années, s’attaquaient par meringues interposées, n’ont pas défilé en 2016.

Le groupe Kreyol La s’est, lui, fait remarquer sur le parcours avec sa meringue Vole tankou Superman le lundi gras, en maintenant un haut niveau de sonorité et d’ambiance. Côté ambiance, les filles de Symbi Roots, argentées pour l’occasion, ont également fait une prestation plus qu’efficace ! Quant à la sécurité, elle était au rendez-vous et le défilé a eu lieu sous la surveillance des corps de maintien de l’ordre d’un point à un autre. Tout le monde attend maintenant 2017 pour reprendre la tradition en bonne et due forme.

Tania Oscar