Jean-Henry Céant

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Au gré des derniers évènements chaotiques qui ont secoué le pays, 
Jean-Henry est revenu dans l’arène politique et obtenu le poste de Premier ministre. Politicien de son état, lors de son intronisation, il a su trouver les mots pour convaincre certains qu’il est l’homme de la situation.

Àdeux reprises, soit en 2010 et en 2015, le notaire a tenté, en empruntant la voie démocratique, de devenir « Premier citoyen de la nation ». Deux tentatives soldées par un échec. Aujourd’hui en 2018, presque sans coup férir, il est devenu Premier ministre. En paraphant, le 5 août 2018, l’arrêté le consacrant définitivement successeur de Jack Guy Lafontant, le président de la République, Jovenel Moïse, a provoqué du même coup, comme par miracle puisqu’inattendu, la résurrection politique de cet homme qui compte cette année ses 62 ans d’existence.

Si les résultats des élections organisées par le CEP (Conseil Électoral Provisoire) de Léopold Berlanger en 2016, lui attribuèrent 0,75 % des suffrages, avaient comme signé l’acte de décès politique du notaire-politicien, celui-ci ne s’était pas désengagé socialement pour autant. En effet, certaines des activités de bienfaisance pour lesquelles Jean-Henry Céant a été plus d’une fois distingué (Bienfaiteur-Argent de l’Université Notre Dame d’Haïti en 1999/Bienfaiteur-Argent pour son Engagement à la Lutte contre le Sida en 2002) se sont poursuivies. Pour l’originaire de Goureau, commune de la Croix-des-Missions (Port-au-Prince), la vie est « engagement ». C’est cette conviction éprouvée qui a donné et donne encore à ce politique issu de la grande famille lavalasienne la force de proférer en ces temps de grandes crises, en guise de premier mot après sa nomination comme Premier ministre : « Je suis conscient de l’ampleur de la tâche et des défis qui m’attendent ».

L’Homme de la situation ?
Comme l’a dit l’écrivain français, Joseph Ernest Renan : « Ce sont les idées qui mènent le monde ». Mais quelles idées ? Quelles sont aujourd’hui les idées aptes à mener le pays à bon port ? En tout cas, le curriculum vitae du notaire laisse supposer qu’il détiendrait certaines « idées » susceptibles de sortir Haïti des miasmes morbides, comme l’aurait dit Charles Baudelaire. Attendons de voir comment va s’y prendre au pied du mur celui en qui plus d’un voit un vrai maçon du développement. En effet, Jean-Henry Céant, diplômé licencié en Droit en 1984, cet avocat militant a été commissionné Notaire pour la commune de Port-au-Prince deux ans après, soit en 1986. En 1997, Me Céant a suivi des cours spécialisés en Droit notarial à l’Universidad Pontifica Comillas (Espagne). En 2001, cet homme qui n’a jamais perdu l’appétit pour les études s’est inscrit au cours de l’Université du Notariat organisée chaque année par l’Université Internationale du Notariat et le Conseil Supérieur du Notariat Français. Ce notaire de grande notoriété connaît le Droit sur le bout des doigts. Celui qui a commencé à pratiquer en tant qu’avocat de droit civil en 1985, est également compétent en matière de fiscalité, documents électroniques, actes authentiques électroniques, circulation sans frontières des Actes authentiques, Titrement entre autres… Guidé par le sens du devoir, Jean-Henry Céant a effectué un passage remarquable dans l’enseignement supérieur. Entre 1993 et 2003, il a été professeur de Droit notarial à l’Université Quisqueya ; en 2006, professeur à l’École Nationale d’Administration Financière (ENAF). Par souci de s’investir, de s’engager, donc de vivre un peu plus, Me Céant a cofondé en 2009 le Collectif AIMER Haïti, mouvement qui s’est donné pour mission de rassembler le plus grand nombre d’Haïtiens possible en vue d’alimenter des réflexions et s’engager dans la construction d’une nouvelle Haïti. Cet homme qui avait promis, en campagne électorale pour la Présidentielle, 100 000 emplois au profit des jeunes durant les premiers 100 jours de son administration, est aujourd’hui mieux placé que personne pour relever ce défi !

Georges Allen