Herbert ‘’Herby’’ Widmaier

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Il a été l’un des pionniers de la radiodiffusion en Haïti. Passionné de musique, il a promu le jazz avec énergie et permis à cette tendance de connaître un essor extraordinaire. Fondateur de Radio Métropole, ses grandes œuvres demeurent  immortelles.

 

«H erby était un grand bâtisseur, un révolutionnaire de la presse haïtienne. C’était un  promontoire, comme aurait dit Victor Hugo ». Herby Widmaier, cette grande figure de la musique et de la radiodiffusion en Haïti s’est éteint jeudi 27 avril 2017 à Port-au-Prince, à l’âge de 83 ans. »Avec le décès d’Herby, c’est toute une génération qui s’en va »…  Les témoignages de proches, d’amis et de simples connaissances en disent long sur l’homme qu’il était.‘’Herby, c’était un perfectionniste, un homme de précision’’.Celui qui fut à la fois chanteur, musicien, compositeur, arrangeur, ingénieur du son et surtout fondateur de la Radio Métropole est parti. « Herby, c’était quelqu’un qui te prenait par la main pour t’apprendre à faire de la Radio ». Cet homme de grand talent aura su obtenir une apologie dithyrambique à titre posthume de la part de tous ceux qui l’ont connu de près comme de loin. 

Né le 7 juillet 1933,  Herby est le fils de Ricardo Widmaier, un géant de la radiodiffusion, propriétaire de Radio Haïti (HH3W), l’un des premiers médias privés en Haïti fondé en 1935. À l’époque, il y avait trois stations : Radio Haïti,  Radio Port-au-Prince (HH2S) et celle de l’État haïtien (HHH) instituée sous la présidence de Louis Borno en 1928. C’est de son père que « Bibi », comme l’appelaient ses intimes, a contracté le virus de « l’amour de la Radio ». Son talent et son intelligence se sont très tôt manifestés. À seulement 14 ans, Herby Widmaier avait construit son premier émetteur Radio. Véritables et infatigables bricoleurs, le père et le fils partageaient une passion commune : la radiodiffusion. Cette passion effrénée les faisait tous deux vibrer. Ensemble, père et fils avaient fait fonctionner Radio Haïti pendant plusieurs années jusqu’à ce que Herby décide en 1969, par la force des choses, de faire une expérience plus personnelle. En 1970, les trois Mousquetaires, l’ingénieur Roland Dupoux, le talentueux communicateur Bob Lemoine (décédé en mars 2015) et Herby Widmaier fondent la Radio Métropole. Ayant pour socle, la perfection et l’excellence,  cette station n’a pas tardé à s’imposer dans le quotidien des gens les plus exigeants et  aux goûts les plus raffinés. Herby, ce n’est pas seulement la Radio, c’est aussi la Musique. Dans ce domaine, il s’est également révélé un vrai autodidacte. Chanteur, compositeur, arrangeur, ingénieur de son, Herby a appris la musique en écoutant des disques. « Mes meilleurs professeurs étaient mes disques… », confiait-il à une animatrice d’émission radiophonique il y a quelques années. Le talentueux Herby avait ainsi enregistré pas mal de groupes musicaux toutes tendances confondues, Konpa Direct et Jazz entre autres. « J’aime toute la musique pourvu que ce que j’entends soit sincère et musicalement valable », avait-il confié. Musicien exceptionnel et accompli, Herby Widmaier a laissé derrière lui plus d’un titre dont La fleur d’amour, Ti flè soley, Manouie, Fanm Peyi’m… 

Témoignages…

Nancy Roc : « Herby était toujours d’avant-garde et Radio Métropole à l’époque était LA radio de tous les branchés : à la pointe de l’actualité comme des meilleurs hits musicaux, grâce à l’exigence, l’ouverture d’esprit, la modernité et la gentillesse d’Herby. Avec lui, c’était du vrai, du grand journalisme… »

Jacques Sampeur : « Il y a des hommes, des titans des bâtisseurs de citadelles qui ne meurent jamais. Les empreintes d’Herby Widmaier ne perdront jamais la notion de leur pérennité ni de leur unicité parce qu’elles sont sur ses progénitures… »

Herby Windmaier laisse avec Radio Métropole un patrimoine important pour la presse et la culture haïtienne.

GeorGes E. Allen