Un Haïtien, un arbre, pour Haïti

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L’environnement qui est au cœur des débats internationaux, rassemble les pays du monde entier dans des sommets. Des conventions, traités et accords en découlent.
Ces sommets, pour la plupart, réalisés à l’initiative des plus grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, réunissent les principaux dirigeants de la planète. Ces assises tournent autour des mesures appropriées à adopter pour lutter contre les changements climatiques et sensibilisent les différents États à adhérer aux conventions, accords et traités, sans pour autant épouser la cause des victimes. L’important est de se mettre à l’abri des désastres qu’ils provoquent eux-mêmes. Les pays du Sud, considérés comme de petits émetteurs, cherchent des moyens pour s’adapter aux effets néfastes du réchauffement de la planète tout en exigeant des moyens financiers pour y faire face à titre de dédommagement, d’où la notion de « justice climatique ».

Nos représentants participent toujours aux sommets sur les changements climatiques et en profitent à chaque fois pour réaffirmer l’engagement du pays dans la lutte pour la conservation des écosystèmes. Pourtant, Haïti a ratifié très peu de traités et de conventions. Dans l’intervalle, la couverture forestière d’Haïti, estimée aujourd’hui à moins de 2%, n’a jamais été aussi vulnérable après le passage de l’ouragan Matthew. On est en droit de se poser les questions suivantes: quelles sont les mesures prises par l’État Haïtien pour mettre en application les engagements pris ? La lutte pour la protection de l’environnement s’arrête-t-elle à la ratification des traités et conventions? Ces traités et conventions ont-ils permis de remédier aux maux qui ravagent notre environnement ?
Le 1er mai de chaque année, des campagnes de reboisement sont lancées mais ne durent que le temps de la mobilisation. Les arbres sont soit arrachés ou abandonnés en dépit de l’implication des autorités concernées, des organisations non gouvernementales et des membres d’associations de paysans. Ceci s’explique par le fait qu’il s’agit d’initiatives ponctuelles ne prévoyant aucun plan de suivi.

« IL FAUT COMMENCER PAR UN REBOISEMENT MASSIF POUR POUVOIR SAUVEGARDER LES TERRES ARABLES »

Le principe premier de la déclaration de Stockholm sur la protection de l’environnement proclame que « l’homme a le devoir solennel de protéger et d’améliorer l’environnement pour les générations futures». Raison pour laquelle, il incombe aux citoyens du monde entier la responsabilité de faire tout ce qui est possible afin de freiner la dégradation de l’environnement. En d’autres termes, tout un chacun doit jouer sa partition en limitant le réchauffement de la planète pour notre bien et celui des générations futures. Saint-Exupery s’est inscrit dans cette démarche quand il disait : « Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ». Nombre de nos concitoyens optimistes ont vu à travers le tremblement de terre du 12 janvier 2010 une opportunité de reconstruire le pays. Six ans plus tard, Port-au-Prince, projette encore le visage d’une ville sinistrée et meurtrie.

Le même scénario se répète avec Matthew. La même velléité qui se traduit sous forme de promesses de reconstruction des zones ravagées dans le Grand Sud. Nombreux sont ceux qui voient dans cette nouvelle catastrophe une aubaine pour lancer de grands chantiers de développement. Mais, il faudrait commencer par un reboisement massif au niveau des montagnes dénudées pour pouvoir sauvegarder les terres arables.
Allons-nous encore une fois laisser passer cette opportunité ? Allons-nous rester les bras croisés à attendre le Bon Dieu ? Le Ministère de l’environnement pourra-t-il lancer des projets durables de protection de nos écosystèmes en péril ? Le MDE pourra-t-il déclencher une véritable mobilisation avec l’implication des autres institutions publiques, et des associations communautaires, pour sauver ce petit bout de terre de 27.500 kilomètres carrés ? Autant de questions qui méritent des réponses claires. Par rapport aux menaces de changements climatiques, il nous faut agir vite avant qu’il ne soit trop tard! Chaque citoyen doit planter un arbre et l’entretenir jusqu’à ce qu’il devienne adulte.