Les familles haïtiennes risquent de ne plus pouvoir recevoir les 2 à 3 milliards de dollars que leurs proches de la diaspora leur transfèrent chaque année. Une fois les lettres de crédits et correspondances bancaires suspendues, même provisoirement, le pays fera face à une catastrophe économique irréparable. 
Par Guamacice Delice

La menace est bien réelle. Les engagements pris par les acteurs concernés lors de conférence-débat de la BRH en août dernier n’ont malheureusement pas été suivis des actes escomptés. Quant aux députés, ils sont partis en vacances. Ces derniers n’ont rejoint leur circonscription que le 12 septembre dernier, sans même avoir voté le projet de loi portant organisation et fonctionnement de l’Unité Centrale de Renseignement Financier (UCREF), conformément aux annonces faites par les pouvoirs de l’État et les opérateurs bancaires, à Port-au-Prince. Après tant de tentatives infructueuses, les députés, qui ont malgré tout réussi à compléter la loi sur le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme, n’ont pas pu tenir séance. Néanmoins, tout n’est pas perdu. L’Exécutif peut toujours les convoquer en session extraordinaire autour d’un menu qui tiendrait compte de la loi-cadre de l’UCREF. De son côté, le Sénat devra compléter le vote des amendements de la loi du 11 novembre 2013. Si Haïti se soumet aux normes prudentielles internationales avant le 30 novembre, le pays pourrait éviter que les autres états de la Caraïbe ne le considèrent comme une juridiction non coopérative.