Georges Barau Sassine

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Photo byr Georges H. Rouzier / Challenges

Industriel et promoteur de l’industrie textile, Georges Barau Sassine est l’homme qui a porté la loi HOPE depuis ses origines en 2005 jusqu’à son renouvellement pour dix ans en 2015. Portrait d’un homme de conviction.

Industriel haïtien d’expérience, Georges Barau Sassine est né à Port-au-Prince, le 18 septembre 1949. Il représente un modèle dans le secteur des affaires. Ecolier à St-Louis-de-Gonzague, il poursuit ses études classiques à partir de 1965 à Long Island (New York) au GW Hewlett High School, puis en Floride au Coral Gables High d’où il sort diplômé en 1969. Du Miami Dade College, il passe à l’Université de Miami où il décroche en 1972 sa licence en administration des affaires.

Les débuts du promoteur industriel
En 1972, il commence son expérience professionnelle à la Chemical Bank de New York, mais revient définitivement en Haïti cette même année et se lance dans le secteur de la sous-traitance textile encouragé par l’un de ses pionniers, Alain Turnier. Il est alors superviseur de production dans une usine d’assemblage de vêtements. Il lance en 1976 une compagnie de distribution de produits alimentaires (Bazar St-Jean Bosco à Cité Soley ci-devant Cité Simone) qu’il gère jusqu’en 1979, année où il est nommé directeur de la Promotion de l’investissement à l’Onapi (Office national pour la promotion des investissements) et demeure en poste jusqu’en 1987. A partir de cette date, il devient le principal consultant en affaires de Armtex SA de 1987 à 1990, une entreprise chinoise d’assemblage de vêtements en Haïti employant 1500 personnes.

A partir de 1992, il entre dans la politique active au Centre pour la libre entreprise et la démocratie (CLED) dont il est l’un des membres fondateurs et le président de 1994 à 1996. Entre-temps, il a été aussi en 1993 l’un des fondateurs et membres du Conseil de l’Université NotreDame d’Haïti. Il continue à s’investir dans l’industrie ayant fondé avec ses cousins en 1990 Quality Products SA, une usine d’assemblage de vêtements de 900 employés et, plus tard, sa propre entreprise Gilanex SA avec 230 employés qu’il dirige jusqu’en 2002. Sara Lee Corporation, Gerber Children’s Wear et Gildan Active Wear du Canada sont ses réfé- rences de l’époque. Très actif socialement, il occupe le poste de vice-président à l’Association des industries d’Haïti (ADIH) de 1998 à 2007 et se penche dès 1996 sur la question du salaire des ouvriers. Il est invité dans une Commission tripartite, représentant le secteur privé, pour réévaluer le salaire minimum. En 2005, avec le support de l’ADIH, il rêve de remembrer le secteur textile réduit à sa plus simple expression par les années d’instabilité politique et par l’embargo et organise le HOPE Task Force. Objectif: donner à Haïti des avantages lui permettant d’obtenir des ouvertures sur le marché américain avec des produits haïtiens ne payant aucun droit de douane.

Une grande victoire
En 2006, Georges Sassine, accompagné de Lionel Delatour, obtient sa victoire : la loi HOPE est votée pour Haïti par le Congrès des Etats-Unis. En 2007, le président Préval crée une Commission présidentielle CTMO-HOPE pour suivi, dont Sassine assure la direction exécutive. En 2008, il devient le président de l’Association des industries d’Haïti (ADIH) et continue auprès des autorités américaines un lobby acharné qui permet d’obtenir la loi HOPE II en 2008 puis la loi HELP en 2010. En juin 2015, grâce à son lobbying, la prolongation de HOPE/HELP est signée jusqu’en 2025. Aujourd’hui, plus de 40 000 personnes travaillent dans le secteur textile. En 2012, lui est confiée la direction générale de la SONAPI (Société nationale des parcs industriels). Il joue un rôle de premier plan dans la création du parc industriel de Caracol, dans le nord d’Haïti, et de divers microparcs. Aujourd’hui, il est le promoteur de la Zone franche industrielle de Lafito (GB Group). Il rêve encore d’une Haïti meilleure et lutte pour apporter sa contribution au développement économique et social de son pays.

Adyjeangardy