Faire de l’agriculture d’exportation une réalité

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UNE PARTIE de la otte des équipements mobilis dans le cadre de la caravane du changement. Photographies par Timothe Jackson/ Challenges

Depuis plus d’un siècle, les cultivateurs haïtiens pratiquent une agriculture de subsistance faute de moyens et d’encadrement technique. En lançant le 1er mai la caravane du changement, le président Jovenel Moïse a pris l’engagement de changer la donne en optant pour une agriculture d’exportation.

L e tourisme et l’agriculture à grande échelle sont les deux principaux moteurs de croissance économique des états de la Caraïbe en voie de développement. Haïti qui aspire à devenir un pays émergent en 2030 doit en effet prioriser le secteur agricole étant l’une des plus grandes sources d’emplois et de richesses. L’ayant compris Jovenel Moïse, celui qui se fait appeler « l’homme de la terre », a lancé le jour marquant la fête de l’agriculture et du travail, une grande mobilisation qu’il a baptisé « la caravane du changement ».

À La Grange, une localité de Bocozele, 5e section communale de Saint-Marc (département de l’Artibonite), le chef de l’État précisait le 1er mai dernier qu’il s’agit « d’un engagement en faveur du développement du secteur agricole » et non d’une campagne axée sur la propagande. En impliquant les acteurs clé et en mobilisant plus de 197 millions de gourdes, Jovenel Moïse cherche donc à obtenir des résultats concrets et durables dans les régions ciblées.  Le jour du lancement du projet, une flotte d’équipements et de matériels roulants était déjà disponible et comprenait : 30 pelles mécaniques à bras longs, 10 bulldozers, 7 loaders, 40 camions, 5 camions d’eau, 20 motos projecteurs, 12 véhicules tout-terrain, 5 véhicules de fonction, 5 graders, 5 compacteurs et 3 backhoe loaders.

Dans la Vallée de l’Artibonite, 197 km de canaux d’irrigation et 87 km de drainage concernent les travaux de curage en cours, tout ceci pour mettre en valeur dans un premier temps environ 32 000 hectares de terres irrigables. Parallèlement, 100 km de routes agricoles sont réhabilitées pour faciliter le transport des denrées vers d’autres zones.

S’agissant d’une vaste plaine irrigable, l’objectif de production est ambitieux. Le président Jovenel Moïse l’a dit lui-même « nous sommes en mesure de satisfaire la demande locale en mettant ensemble toutes les ressources disponibles » et en prenant toutes les mesures qui s’imposent. Entre autres, la revalorisation des terres irrigables, la mise à la disposition des cultivateurs de bonnes semences et des engrais efficaces et la construction d’usines modernes pour remplacer les glacis servant à sécher le riz dans des conditions qui remettent en question la qualité du produit.

UNE PELLE mécanique à bras long entame de travaux de drainage dans la Vallée de l’Artibonite

L’objectif fixé par Jovenel Moïse est d’atteindre une production nationale de 12 tonnes métriques à l’hectare, ce qui correspond pour un total de 50 hectares irrigués à 624 000 tonnes par année. La Vallée de l’Artibonite, la plus grande région rizicole du pays, produisait en 2015 seulement 67 760 tonnes. Suite à la longue période de sécheresse qu’a connue le pays, les récoltes n’ont fait que chuter, selon une source de l’Organisme de développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA). Tout ceci laisse supposer que le chemin à parcourir pour sortir de la dépendance alimentaire est très long. Selon les chiffres officiels, Haïti importe 400 000 tonnes de riz par an.

La caravane du changement se poursuivra pendant tout le quinquennat du président Jovenel Moïse et en 2022, au terme de son mandat, Haïti devrait passer d’une agriculture de  subsistance à une agriculture d’exportation.

Cossy Roosevelt

LES PRINCIPAUX OBJECTIFS DE LA CARAVANE DU CHANGEMENT

  • Améliorer les conditions d’accès à l’eau d’irrigation par le curage mécanique des canaux d’irrigation et de drainage et par l’extension de ces canaux dans des zones jusque-là non bénéficiaires de ces actions.
  • Assainir les zones marécageuses et protéger les zones inondables au niveau des villages et villes victimes d’inondations périodiques.
  • Utiliser au mieux les moyens matériels et humains dont dispose l’État d’Haïti pour réaliser  ces actions.
  • Encourager d’autres actions synergiques pour maximiser les effets et impacts de la caravane sur  l’action gouvernementale.
  • Aider à augmenter la production nationale pour améliorer la sécurité alimentaire et  augmenter la richesse du pays.