Élections, Photographie par Georges H. Rouzier / Challenges

Les foules se déversent dans les villes tous les jours au nom de leurs candidats à la présidence, frustrés, qui affirment qu’ils ne reconnaîtront ni les résultats préliminaires ni les résultats définitifs émanant du Conseil électoral provisoire (CEP). Les partisans des 53 candidats dont certains s’étaient désistés estiment que le CEP a avalisé un certain nombre d’irrégularités en faveur du 54e, en tête des résultats préliminaires. Comme en 2011 la rue se mobilise pour exiger des correctifs. Mais à la différence du processus de 2011, d’une part le CEP reconnaît qu’il y a eu effectivement fraudes même s’il n’entend que poursuivre les auteurs, sans revenir en arrière. D’autre part, l’Organisation des Etats Américains considère que les chiffres du CEP correspondent à ses observations. Le Groupe des 8 garde le cou raide, rejette ces données, demandant inlassablement aux conseillers électoraux de poursuivre non seulement les auteurs mais aussi le bénéficiaire des « crimes électoraux », pointant du doigt le candidat du pouvoir Jovenel Moïse. Celui-ci ne perd pas son calme. Ses partisans se préparent eux aussi à prendre les rues, mais pour une autre cause disent-ils : la victoire. Ils se donnent une date : le 7 février 2016.

John Obed Exilhomme