Du temporaire à la résidence permanente

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IStock/Getty images

« Toutes les personnes couvertes par le TPS avant le 1er janvier 2017 peuvent faire une demande de résidence permanente aux USA, à condition de prouver devant un juge qu’elles seront confrontées à des difficultés extrêmes si elles sont forcées de rentrer dans leurs pays d’origine ». C’est en substance le projet de loi sur lequel travaillent trois représentants du congrès : Yvette Clarke (New York), Ileana Ros-Lehtinen (Miami) et Pramila Jayapal (Washington).

Baptisé « ASPIRE Act », le texte concerne les bénéficiaires actuels du TPS (Statut de Protection Temporaire) qui pourraient demeurer aux États-Unis pour une période de six ans renouvelable, sans pour autant être admissibles à la résidence permanente. Ceci à moins bien sûr que les concernés (Salvadoriens, Haïtiens, Honduriens et Nicaraguayens) ne prouvent devant un juge qu’ils sont confrontés à des difficultés extrêmes dans leur pays d’origine. Selon Yvette Clark, interrogée par Miami Herald, « cette législation fera progresser les intérêts et les valeurs américaines » et insiste sur la nécessité de « travailler de manière bi partisane pour faire ce qu’il faut et protéger les immigrants qui travaillent dur pour qu’ils ne soient pas renvoyés dans des pays où leur santé physique pourrait être remise en question ».

L’annonce de cette information a suscité une lueur d’espoir chez les Haïtiens détenteurs de TPS qui pourraient être détenus ou déportés au terme de la dernière prolongation de 18 mois accordée par l’administration de Donald Trump, expirant le 22 juillet 2019. Mais ils ne doivent pas se faire trop d’illusion dans la mesure où ASPIRE Acte doit être voté par le Congrès pour pouvoir entrer en vigueur.

Quelques jours plus tôt, le Républicain Daniel M. Donovan Jr, un membre du Congrès, écrivait une lettre aux secrétaires John F. Kelly et Rex Tillerson du département d’État américain pour réclamer la prolongation du TPS en faveur des Haïtiens (58 000). Daniel Donovan fait mention du rapport publié récemment par Immigrant Legal Resource Center selon lequel « la cessation du TPS pour Haïti entraînerait une réduction sur 10 ans de 2,8 milliards de dollars du PIB des États-Unis ; 428 millions de dollars de cotisations perdues à la sécurité sociale et à l’assurance-maladie ; 60 millions de dollars de coûts de roulement pour les entreprises et 468 millions de dollars en coûts supplémentaires pour les contribuables en matière d’exécution ».

Les autorités américaines persistent et signent : « Depuis le tremblement de terre de 2010, le nombre de personnes déplacées en Haïti a diminué de 97 %. Des mesures importantes ont été prises pour améliorer la stabilité et la qualité de vie des citoyens haïtiens », lit-on dans un communiqué du département de la Sécurité Intérieure. Selon Elaine Duke, la ministre par intérim de la DHS, les conditions dans lesquelles Haïti avait initialement obtenu le Statut de Protection Temporaire, ces conditions extraordinaires, mais temporaires, n’existent plus .

L’ambassadeur d’Haïti à Washington, Paul Altidor, encourage en ce sens ses concitoyens détenteurs du TPS à entamer des démarches juridiques pour régulariser leur situation avant l’expiration du délai accordé par l’administration de Donald Trump.

Cossy Roosevelt

LES PRINCIPAUX BÉNÉFICIAIRES DU TPS
Salvadoriens: 200000
Haïtiens: 58000
Honduriens: 57000
Nicaraguayens: 2500