Donner un visage humain au développement

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Photographies par Cossy Roosevelt/ Challenges
Photographies par Cossy Roosevelt/ Challenges

Le président Jovenel Moïse mise sur l’implication de tous les acteurs de la société pour atteindre les objectifs de développement fixés par son administration. Il a profité du 32e congrès de la CIB pour s’adresser aux professionnels du droit et leur rappeler qu’ils ont un rôle fondamental à jouer dans les efforts en cours.

C’est une occasion qui ne se présente pas tous les jours : réunir dans un seul espace plus de 800 professionnels du droit pour évoquer les problèmes auxquels est confrontée la corporation et parler de développement économique et social. Au Caribe convention center (Pétion-ville), du 6 au 9 décembre 2017, des avocats et des magistrats en provenance des pays francophones des quatre coins du globe ont rehaussé l’éclat de cet évènement international qui s’articulait autour du thème « Les avocats de l’espace francophone au service du développement économique et social ». Les principales interventions étaient axées justement sur le développement qui se résume dans une certaine mesure à une accumulation de richesses. « Les droits des populations, la préservation de l’environnement et la qualité de vie des générations futures sont, semble-t-il, strictement réservés aux théoriciens des universités », a déploré Me Stanley Gaston, le Bâtonnier de l’ordre des avocats.

Or, a-t-il souligné, ces questions devraient intéresser l’ensemble des acteurs du développement, en particulier les professionnels du droit bien imbus des problèmes de la société. À plus forte raison, « ils doivent s’impliquer et influencer le développement pour qu’il ait un visage humain », a plaidé Me Stanley Gaston. « Tout le monde francophone nourrit l’espoir de voir l’avocat se comporter comme un porteur de valeurs et d’idéaux, en étant capable de s’intéresser aux conditions de vie des populations », renchérit-il, tout en insistant sur la nécessité des avocats à placer l’homme ainsi que ses aspirations et ses revendications au cœur de leurs préoccupations. « Les avocats doivent œuvrer pour l’affirmation de la dignité, il s’agit d’une responsabilité sociétale », a conclu le Bâtonnier de l’ordre des avocats.

Ils ont mon soutien
En permettant à l’appareil de justice de mieux fonctionner dans le respect des lois de la république, les professionnels du droit participent à l’instauration et à la consolidation de l’État de droit et du coup du développement économique et social. Il en est de même pour Haïti, reconnaît le président Jovenel Moïse qui dit travailler en vue de renforcer l’État de droit, ce qui implique, selon lui, la mise en œuvre des programmes socio-économiques susceptibles d’améliorer les conditions de vie de la population. Il s’est engagé une fois de plus à lutter contre la corruption qui gangrène l’administration publique, et créer « le climat propice à l’intensification de l’investissement privé, le développement du tourisme, et l’expansion des arts et des valeurs culturelles ».

Le président de la république Jovenel Moïse.

Tout en facilitant la tâche des organisateurs du 32e congrès de la Conférence Internationale des Barreaux de tradition juridique commune (CIB), le chef de l’État a fait savoir aux avocats haïtiens qu’ils avaient son plein et entier soutien dans toutes les démarches entamées dans le sens du renforcement de la corporation et qui participent des initiatives devant favoriser le développement économique et social du pays. Challenges magazine qui figurait parmi les exposants a présenté une cinquantaine de numéros axés sur des sujets liés au développement durable : agriculture, environnement, énergie renouvelable, changements climatiques, économie, éducation, justice, art et culture, diaspora… Plus de deux cents visiteurs ont pris plaisir à acheter les exemplaires de leur choix ou s’abonner sur place. En privilégiant la collectivité dans ses reportages, Challenges contribue, à sa manière, à donner un visage humain au développement.

Les sous-thèmes abordés pendant les trois jours d’atelier (du 6 au 8 décembre) :
« La qualité de la Justice, condition du développement économique et social » ; « les droits sociaux fondamentaux, vecteurs de développement économique » ;  « Accessibilité et clarté de l’information juridique, conditions de l’État de droit » ; « La protection des investissements et les droits fondamentaux des populations » ; « Lutter contre la corruption et l’impunité » ; « Les droits des femmes, conditions du développement économique et social » ; « La place des jeunes avocats au sein des institutions de la profession : une règle de bonne gouvernance ? ».

Parallèlement aux ateliers, des entreprises ont exposé leurs produits dans les jardins de Caribe. Les avocats étrangers ont pu découvrir les  valeurs de l’art et de la culture haïtienne.

Cossy Roosevelt