214 ans après son indépendance, Haïti n’arrive toujours pas à trouver la voie du développement. Les querelles de chapelle, la mauvaise gouvernance et la destruction de la production locale au profit de certains pays de la région en sont les principales responsables. Réduits à l’extrême pauvreté, des millions d’Haïtiens ont décidé tout bonnement de supprimer de leur vocabulaire les notions de « nationalisme » et de « patriotisme », et de rester en dehors de tout mouvement politique visant à inverser le cours de la situation. Ils prennent pour exemple l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines au Pont rouge (le 17 octobre 1806) alors que ce dernier se battait pour un partage équitable des richesses de la république. Aujourd’hui, contrairement aux autres états de la Caraïbe, Haïti est en mode marche arrière, se rattachant à son passé, le présent étant confus et le futur incertain.

Cossy Roosevelt
Photographie  par  Georges H. Rouzier