Découvrir le musée du bureau national d’ethnologie

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GEORGES H ROUZIER/ CHALLENGES
GEORGES H ROUZIER/ CHALLENGES

Fortement affecté par le tremblement de terre en 2010, le musée du Bureau National d’Ethnologie (BNE) a fait peau neuve et invite à la découverte des trésors qu’il conserve depuis son réaménagement.

Le BNE ne se cache plus ! Le mur d’enceinte offrait déjà depuis quelques années aux passants du Champ de Mars une gigantesque fresque réalisée par les étudiants de l’Enarts en 2015. Mais désormais, tout invite à pénétrer dans ce sanctuaire du patrimoine ethnologique d’Haïti. Le Musée du Bureau National d’Ethnologie créé par un décret-loi de 1941, fait partie intégrante du Bureau d’Ethnologie créé par Jacques Roumain. Le bureau a pour mission non seulement d’identifier, de classer et de conserver tout objet archéologique retrouvé sur le territoire haïtien, mais aussi d’effectuer et de diffuser des recherches sur la culture haïtienne.

En 1984, par décret présidentiel, il est devenu le Bureau National d’Ethnologie, avec pour mission, dans l’esprit de Jacques Roumain, de sauvegarder et de valoriser les objets et symboles ethnologiques, anthropologiques et archéologiques d’Haïti. Erol Josué, ethnographe et homme de terrain, qui depuis toujours collecte les sons et les images et se fait la mémoire des œuvres et des traditions haïtiennes, dirige le BNE depuis 2012. Guidé par sa passion, il a relevé le défi de restaurer physiquement le BNE et de lui redonner une nouvelle vie en changeant l’image. Publications, expositions et spectacles sont pour lui un moyen de stimuler l’intérêt des étudiants pour la faculté d’Ethnologie.

Mars 2017 : Présentation du catalogue
« Haïti terre de tous les commencements » qui portera sur la collection permanente du musée.
Avril 2017 : Publication du bulletin
« Archéologie et paysages culturels en Haïti ».
Juin 2017 : Publication du bulletin
« Identité collective et patrimoine culturel en Haïti ».
Retrouvez chaque mois au BNE : les lectures publiques, le dialogue culturel, les jeudis du film ethnographique, les vendredis scientifiques.

En spécialiste passionné des traditions haïtiennes, de son folklore, de ses esprits, de ses contes, il s’est donné pour mission d’attirer le grand public dans les murs du BNE. Le jardin longtemps utilisé pour entreposer les vestiges du patrimoine récupérés dans la capitale après le tremblement de terre, offre désormais un parcours de visite. Les murs intérieurs informent sur les principaux lakou vodou, les pièces d’artillerie sont mises en valeur et un espace a été aménagé pour créer un jardin de plantes médicinales utilisées dans la médecine traditionnelle haïtienne. La salle d’exposition du BNE révèle les trésors et objets traditionnels et religieux du patrimoine culturel haïtien. La salle principale rénovée et inaugurée à l’occasion de la Carifesta de 2015, offre l’exposition que méritent les objets tainos, les parures et objets rituels du vaudou. Au cœur du Champ de Mars, le BNE offre aux visiteurs une approche de la culture et les pratiques culturelles, des plus historiques aux plus actuelles. Sa rénovation invite désormais à découvrir la richesse de sa collection permanente composée de centaines d’œuvres (pièces archéologiques, objets rituels, instruments de musiques, etc.). Et à seulement quelques pas, les visiteurs peuvent poursuivre leur journée culturelle au Mupanah dont les expositions et la collection permanente complètent parfaitement celles du BNE. Le musée est ouvert chaque jour du lundi au vendredi de 9 AM à 3 PM.

Stéphanie Renauld Armand