D&D Mamba: du beurre d’arachide avec une touche haïtienne fait à Montréal

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D&D MAMBA Stanley Durmonay et Jason Delis en Haïti
D&D MAMBA Stanley Durmonay et Jason Delis en Haïti

Bien connu des Haïtiens, le mamba fait partie des traditions culinaires du pays.
Chaque famille haïtienne possède sa recette originale qu’elle agrémente au gré de ses envies, mais toutes succombent au goût épicé de ce riche et onctueux mélange d’arachides et de piments. Stanley Durmonay et son acolyte Jason Delis ont fait le pari de commercialiser à grande échelle le mamba haïtien au Québec.

Lancée en 2015, D&D Mamba importe des arachides d’Haïti pour reproduire à Montréal la recette du beurre d’arachide traditionnel haïtien. En 2014, Stanley (Président et directeur des ventes) et Jason (Cofondateur et directeur marketing) ont décidé de faire du bénévolat en Haïti. Lors d’un atelier qu’ils dispensaient sur l’entreprenariat, ils ont rencontré un producteur de mamba. C’est de cette façon que Jason a été introduit au produit et en est tombé sous le charme. Il a eu la brillante idée d’explorer les avenues d’exportation au Canada. Pour les deux nouveaux entrepreneurs, le besoin de faire quelque chose pour venir en aide aux personnes démunies vivant dans des conditions de vie précaires en Haïti était important.

« Nous voulons être une entreprise sociale, une entreprise profitable bien évidemment, mais avec l’objectif d’avoir un impact positif sur Haïti. Nous le réalisons par l’importation d’arachides d’Haïti qui aide au développement de cette culture. Nous sommes fiers de pouvoir dire que chaque pot de D&D Mamba contient 100 g d’arachides provenant d’Haïti », affirme Stanley Dumornay.

Une entreprise sociale

Stanley et Jason veulent aider l’agriculture haïtienne. Ils ont le désir intense de faire quelque chose de concret pour avoir un impact sur Haïti. C’est pourquoi le mamba montréalais est fabriqué avec des arachides haïtiennes et en provenance de Georgie, même si celles-ci coûtent le double de celles provenant des États-Unis. Ils le font avec le support d’Acceso, une compagnie américaine à but non lucratif installée à Port-au-Prince qui aide les agriculteurs de cette région à cultiver des arachides pour en faire le commerce.

Se procurer la matière première en Haïti comporte des enjeux importants. « C’est le maillon le plus fragile de la chaîne en raison de l’instabilité politique et des catastrophes naturelles qui s’abattent sans cesse sur le pays », dénote Stanley. Mais cela fait partie de l’ADN de l’entreprise poursuit-il en confiant : « Vu l’important segment démographique haïtien à Montréal, nous sommes d’avis que des initiatives de ce genre sont importantes. Il nous faut faire valoir la culture haïtienne et les richesses de notre terre. Il est vrai qu’Haïti demeure l’un des pays les plus pauvres de notre hémisphère et que son histoire récente d’instabilité politique et de gestions administratives pitoyables inspire peu. Mais il est grand temps de faire découvrir au monde les nombreuses richesses qu’Haïti peut offrir surtout dans les domaines de la culture et de l’alimentation ».

Percer le marché lentement, mais sûrement…

Voulant rendre ses produits accessibles à la communauté haïtienne, Stanley décida un jour de se rendre à l’Iasenza, l’un des plus grands épiciers indépendants à Montréal. Le propriétaire doutait fort que ce produit sorte des tablettes en raison de son prix. Mais Stanley a réussi à le convaincre de faire un essai. 30 jours plus tard, il l’appelait pour faire un suivi des ventes et le propriétaire lui annonçait que tout avait été vendu et qu’il en voulait 20 caisses supplémentaires. Scénario presque semblable lorsqu’un week-end de l’Action de Grâce, 300 pots se sont envolés en deux jours au Marché Jean-Talon.

À ce jour, D&D Mamba a importé plus de 15 tonnes d’arachides haïtiennes. Le prochain défi pour ces jeunes entrepreneurs est de distribuer leur produit partout au Canada et aux États-Unis et de développer de nouvelles recettes pour satisfaire les goûts et préférences des clients. Pour eux, déguster du D&D Mamba c’est « se rapprocher d’une autre culture, mais aussi une façon indirecte de venir en aide à une communauté qui ne jouit pas des mêmes privilèges que nous », partage Jason Delis. l

Carla Beauvais

Pour en savoir plus :  www.dandmamba.com