Atis Rezistans: Entre artisanat, recyclage et innovation

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Une représentation de la mort dans sa splendeur. PHOTOGRAPHIES PAR STENCER SAINTELANGE/ CHALLENGES
Une représentation de la mort dans sa splendeur. PHOTOGRAPHIES PAR STENCER SAINTELANGE/ CHALLENGES

Transformer les déchets en œuvre d’art, telle est la principale mission de l’atelier ATIS REZISTANS. Créé en 1970, l’atelier expose depuis des œuvres impressionnantes en participant du coup, à leur manière, à la promotion d’une société écologiquement viable.

«Tout ce qui ne se régénère pas se dégénère », rappelle André Eugène qui conduit à présent le mouvement ATIS REZISTANS. Préoccupé par la dégradation accélérée de l’environnement, l’atelier ne trouve pas d’autre solution que de transformer les débris en œuvre d’art. « Le déchet, matériau principal pour parvenir à une œuvre parfaite, est l’âme de l’esthétique pour les artisans d’ATIS REZISTANS », explique-t-il. Si les déchets en plastique ou en métaux se révèlent inutiles et encombrants pour certains, pour André Eugène et ses collaborateurs c’est l’inverse. Il révèle que la création de l’atelier fait suite à des réflexions autour de la dégradation de l’environnement et des initiatives à entreprendre pour pallier le problème. Fondé à l’initiative du sculpteur Georges Laratte en 1970, l’atelier qui regroupe une pléiade d’artistes (peintres, sculpteurs, designers, plasticiens, caricaturistes) est parvenu à créer un monde nouveau dans l’univers artisanal haïtien à partir des débris qu’ils transforment selon leurs inspirations.

«Tout ce qui ne se régénère pas se dégénère », rappelle André Eugène qui conduit à présent le mouvement ATIS REZISTANS. Préoccupé par la dégradation accélérée de l’environnement, l’atelier ne trouve pas d’autre solution que de transformer les débris en œuvre d’art. « Le déchet, matériau principal pour parvenir à une œuvre parfaite, est l’âme de l’esthétique pour les artisans d’ATIS REZISTANS », explique-t-il. Si les déchets en plastique ou en métaux se révèlent inutiles et encombrants pour certains, pour André Eugène et ses collaborateurs c’est l’inverse. Il révèle que la création de l’atelier fait suite à des réflexions autour de la dégradation de l’environnement et des initiatives à entreprendre pour pallier le problème. Fondé à l’initiative du sculpteur Georges Laratte en 1970, l’atelier qui regroupe une pléiade d’artistes (peintres, sculpteurs, designers, plasticiens, caricaturistes) est parvenu à créer un monde nouveau dans l’univers artisanal haïtien à partir des débris qu’ils transforment selon leurs inspirations.

DES DÉCHETS transformés en œuvres d'art
Des déchets transformés en œuvres d’art


Un mouvement internationalement reconnu

Sur la base d’une production culturelle originale et innovante, ATIS REZITANS arrive à se faire connaître à l’étranger et est désormais une référence en matière artisanale. « Nos travaux ne sont pas toujours appréciés en Haïti pourtant, dans des expositions internationales, par exemple en Suède à Stockholm, au Danemark à Copenhague, à Liverpool en Angleterre…les étrangers accueillent nos œuvres avec euphorie », se réjouit Eugène avant d’ajouter que « la possibilité de voyager avec quelques artisans et apprentis de l’atelier nous ouvre de nouvelles portes et nous permet de faire des échanges interculturels. ». Hormis André Eugène, de nombreux membres de l’atelier Atis Rezistans sont reconnus comme d’excellents artistes hors de nos frontières.Michel Lafleur, jeune calligraphe et artiste peintre, déplore pour sa part ne pas avoir assez d’encadrements  et d’appréciation sur le plan national, alors que les portraits qu’il a peints ces quinze dernières années sont incontestablement des perles rares pour les étrangers. « Les étrangers valorisent beaucoup plus nos œuvres que nos confrères haïtiens. En Haïti, l’artisanat est vraiment négligé et le focus ne se fait que sur la politique ». Pour Lafleur, le ministère de l’environnement devrait être partie prenante dans la promotion des œuvres d’ATIS REZISTANS, ce qui n’est pas du tout le cas, regrette-t-il.

UNE SCÈNE de crucifixion avec une portée mystique
Une scéne de crucifixion avec une portée mystique

D’un projet à un autre

Transmettre son savoir-faire aux jeunes est une initiative qu’il compte également renforcer, précisant « qu’il a une quarantaine de jeunes à qui il transmet ses connaissances, et souhaite rapidement doubler ce nombre (…)». Se faisant, Andrés Eugène entend bien assurer la relève dans le secteur artisanal haïtien en permettant à ses apprentis de faire leurs propres armes. S’inspirant du slogan « un pour tous, tous pour un », Eugène crée le musée Epluribus Unum qui signifie « l’unité dans la diversité ». Il espère ainsi rassembler tous les Haïtiens autour de ce projet qu’il juge fondamental, expliquant que « c’est une nouvelle initiative pour unifier les Haïtiens, collectionner les œuvres des autres artisans et conserver les produits originaux (…)».Le septuagénaire veut aller plus loin dans ses projets. Malgré les maigres moyens dont dispose l’atelier, il rêve de créer une école d’art. Bouteilles en plastique, assiettes en styrofoam et en aluminium, pneus usagés, sont entre autres matériaux récupérés çà et là pour produire des œuvres artisanales de grande importance. La délégation d’ Atis Rezistans qui a représenté Haïti en 2007 aux festivités organisées pour le bicentenaire de l’abolition de la traite négrière au musée international de l’esclavage, à Liverpool, en Grande-Bretagne, a fait la fierté d’Haïti.

Marc-Evens Lebrun