Apprentissage: Pour une école hôtelière digne de ce nom

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L’École hôtelière d’Haïti a fêté ses 61 ans cette année. Placée sous la tutelle du ministère du Tourisme depuis 1971, sa mission est de former des jeunes aux métiers de l’hôtellerie. En moyenne, 70 étudiants franchissent chaque année les portes de l’établissement. En ressortent-ils prêts pour percer sur le marché du travail ?

Avec un budget de 18 millions de gourdes subventionnées par l’État, Sandra Tanis, administratrice de l’école hôtelière depuis janvier 2014, doit faire preuve d’imagination et jongler pour réussir à boucler chaque année scolaire tout en répondant aux besoins structurels et financiers de l’école.

Une école… 1 000 défis

La façade du bâtiment, situé Impasse Lavaud à Lalue, ne laisse pas vraiment place à interprétation. L’état laisse à désirer et le bâtiment semble inadéquat ! Les salles de classe mériteraient, elles aussi, une cure de rajeunissement ; le matériel utilisé est en grande partie désuet.

Relocalisée après le tremblement de terre, l’École hôtelière d’Haïti a, sans l’ombre d’un doute, besoin de se restructurer voire de se réformer pour devenir l’institution qu’elle aspire à être. D’une part pour augmenter sa capacité d’accueil, mais aussi pour être en phase avec le secteur économique qu’elle dessert qui a connu une forte croissance ces dernières années avec l’arrivée de projets hôteliers internationaux et une augmentation significative du nombre de restaurants haut de gamme dans la capitale. Si l’aspect immobilier est d’une urgence réelle, la question de la formation n’en demeure pas moins inquiétante. Avec dans ses rangs huit formateurs pour l’ensemble des disciplines offertes, aucune relève n’est assurée. Si bien qu’en cas de maladie d’un professeur, les cours se voient annulés. Le tableau semble bien sombre pour cette institution dont la mission est prioritaire dans les perspectives de développement touristique annoncées. Malgré tout, le secteur hôtelier et touristique continue de l’appuyer à travers le placement d’étudiants en stage, en formations continues, pour des séminaires et avec une coopération logistique ponctuelle. Son rôle est crucial pour le développement de ce secteur et tout le monde en est bien conscient.

Cuisine-RodsonPierreSaintDEUX FUTURS CHEFS formés à l’Ecole hôtelière d’Haïti

Vers une nouvelle école hôtelière

Piloté par l’actuelle ministre du Tourisme, Stéphanie Villedrouin, le projet de la nouvelle École hôtelière d’Haïti suit son cours. L’étape de l’acquisition du terrain est en phase finale. Sandra Tanis aimerait pouvoir accueillir les étudiants dans le nouvel édifice pour 2016-2017. Deux accords techniques importants ont été réalisés dans le cadre de ce projet ambitieux. Le premier avec le SENAC (Serviço Nacional de Aprendizagem Comercial), une école privée brésilienne, pour la réalisation du plan architectural de la nouvelle école. Le second avec l’École hôtelière de Montréal pour la construction de la cuisine professionnelle et du restaurant d’application du nouvel établissement.
L’idée est de mettre à la disposition des étudiants et du secteur une école accouplée à un hôtel, soit une école d’application pour être plus précis. Non seulement la nouvelle école répondra aux normes internationales, mais elle permettra aux étudiants d’évoluer dans un contexte d’apprentissage pratique. La vision est également de proposer de nouveaux programmes de niveau supérieur afin de former également des cadres et non pas IMG_-RodsonPierreSaint-uniquement du personnel de première ligne.
Grâce à sa structure mi-pratique, mi-théorique, la ministre Stéphanie Villedrouin compte léguer une école hôtelière qui répondra en tout point aux exigences du secteur et surtout développera les compétences des étudiants dans un cadre optimal.
Carla Beauvais

RODSON PIERRE SAINT