DE RETOUR DES FUNÉRAILLES ÉPROUVANTES D’UN PROCHE, une jeune fille découvre un spectacle à couper le souffle. La photo parle d’elle-même. Elle raconte l’histoire de Fond-Verrettes et de Mapou, ces deux villages du département de l’Ouest qui furent rayés de la carte dans la nuit du 23 au 24 mai 2004 par une catastrophe hydro-météorologique d’une ampleur jamais observée en Haïti depuis 1842. À l’origine de ce drame qui a emporté des récoltes, le bétail, les maisons et décimé des familles entières : la déforestation.

Et il a suffi d’une simple averse, à peine un peu plus forte que la précédente… La terre d’Haïti, orpheline des 30 millions d’arbres abattus chaque année pour couvrir 70 % des besoins énergétiques du pays, se précipite vers la mer à chaque pluie : 15 millions de m3 de bonnes terres arables, l’équivalent de 6 000 hectares par année…
En septembre 2015, le ministère de l’Environnement a identifié la gestion intégrée des ressources en eau et des bassins-versants comme étant l’un des cinq enjeux prioritaires nécessitant autant d’interventions des pouvoirs publics dans le cadre de la contribution d’Haïti à un processus global d’adaptation au changement climatique et à la réduction de ses émissions de CO2. « Il nous faut une stratégie qui réponde adéquatement aux besoins et aux intérêts du peuple haïtien », avait précisé le ministère ; une stratégie qui découlerait « d’un consensus fort entre les pouvoirs publics, la société civile et le secteur privé des affaires ».

Max-Henri Alphonse