20 Femmes de l’année

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Parce qu’elles ont relevé un challenge difficile dans leur vie ou durant les douze derniers mois. Parce que, comme de nombreuses femmes, elles sont entreprenantes, décidées et qu’elles visent l’excellence. Parce qu’elles sont des modèles pour la société.

Parce que Challenges a voulu rendre hommage à toutes les femmes d’Haïti mais a dû se résoudre à n’en sélectionner que 20 à honorer.


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RÉGINE LAURENT

Première et unique Haïtienne à la tête de la FIQ

 

Figure de proue du mouvement syndicaliste contemporain au Québec, Régine Laurent est présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé du Québec (FIQ) depuis 2009. C’est la première et unique Haïtienne à avoir occupé ce poste à ce jour. Régine Laurent s’est distinguée par son leadership et sa volonté de promouvoir pour ses 66 000 membres des conditions de travail justes et équitables. En 2015, face aux mesures d’austérité du gouvernement, la FIQ et sa présidente ont pris l’initiative originale de financer une clinique d’infirmières sans médecins dans la ville de Québec. Un geste marquant pour répondre aux besoins d’accessibilité de la population en santé dans un pays où il est impensable de voir une clinique gérée autrement que par des médecins. Depuis, elle travaille à développer un projet similaire à Montréal-Nord. Infirmière avant tout, Régine Laurent défend une cause, une profession et la santé.


 

Photographie par Edine Celestine / Challenges
Photographie par Edine Celestine / Challenges

VIVIANE GAUTHIER

La danse : amour et compagne de toute une vie

 

Icône de la danse folklorique haïtienne, Viviane Gauthier fêtera ses 98 ans cette année. Elle a formé plusieurs générations à cet art qu’elle pratique depuis l’âge de 19 ans où elle commença chez Lavinia Williams, grâce à une bourse du gouvernement haïtien. Professeur de danse à l’Ecole Nationale des Arts, fondatrice de la Compagnie Viviane-Gauthier qui existe depuis plus de soixante ans, Viviane a reçu de nombreux prix et décorations pour son dévouement, son savoir-faire et son apport à la danse haïtienne. La danse a été le grand amour de sa vie. Elle la lui a consacrée, exclusivement, comme un sacerdoce. Tonique, toujours souple et vivace, Viviane commence ses journées à l’aube par un bain froid et la poursuit, sourire aux lèvres, en regardant sur sa galerie ses élèves exécuter avec application les pas qu’elle a enseignés à des générations de danseurs.

 


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MICHAËLLE JEAN

Servir, contribuer, rassembler

 

Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis 2015, Michaëlle Jean a déjà une riche histoire et une longue carrière à son actif. Née à Port-au-Prince alors que François Duvalier s’installe, elle fait partie des nombreuses familles exilées au Canada dès son plus jeune âge. Militante pendant de nombreuses années pour les femmes victimes de violence conjugale et pour le droit des femmes en général, elle parvient à créer un vaste réseau de refuges, de ressources et de services d’urgence pour ces femmes. Entrée à Radio Canada, elle y marque les esprits comme la première journaliste de race noire du secteur de l’information. En 2005, Michaëlle Jean est nommée Gouverneure générale du Canada, c’est la troisième femme à avoir cette responsabilité. A la fin de son mandat, alors qu’Haïti est secouée par le terrible séisme, elle accepte de l’Unesco le poste d’Envoyée spéciale pour Haïti. Elle devient également chancelière de l’Université d’Ottawa. Née Haïtienne, devenue Canadienne, épouse d’un Français, qui mieux qu’elle pouvait incarner la francophonie ?


Photographie par Frankenson Lexis
Photographie par Frankenson Lexis

AMÉLIE BARON

Démêler le vrai du faux dans le télédjol quotidien

 

La femme la plus informée d’Haïti est… Française. Amélie Baron est la correspondante de l’Agence France Presse (AFP), l’une des plus grandes agences d’information dans le monde. Née en Vendée (France), elle a grandi près de l’océan Atlantique, ce qui la prédestinait peut-être à s’intéresser à Haïti, ancienne colonie vers laquelle les bateaux partaient des ports de sa région. Sa maîtrise sur la crise démocratique haïtienne l’amène à Port-au-Prince au début de l’année 2005. Et en 2009, master de journalisme en poche, elle prend un aller simple pour Haïti dont elle est devenue une figure réputée des médias. D’abord correspondante pour Radio France Internationale (RFI), elle travaille avec une dizaine de médias au fil des ans. Aujourd’hui correspondante de l’AFP, elle continue à collaborer à RFI, notamment dans la quotidienne Le rendez-vous des Amériques et d’Haïti. Son plus grand challenge en Haïti : démêler le vrai du faux dans le télédjol quotidien, garder son calme pendant les longues heures de retard sur les horaires et offrir l’information la plus complète et pertinente aux citoyens d’Haïti et du monde.


Photographie par Anseye Pou
Photographie par Anseye Pou

NEDGINE PAUL

Parmi les 30 leaders de moins de 30 ans de Forbes

 

Cette haïtienne de 29 ans dirige Anseye Pou Ayiti, une organisation à but non-lucratif fondée en 2014 qui travaille à l’amélioration de la qualité de l’éducation, notamment en milieu rural. Nedgine Paul est diplômée de Yale Collège et de l’Harvard Graduate School of Education. En 2014, elle a été nommée par Echoing Green parmi les plus grands innovateurs sociaux mondiaux. Cette année, elle figure dans le classement « 30 Under 30 List » de Forbes Magazine dans la catégorie entreprenariat social. Anseye Pou Ayiti (APA) se donne pour mission de former un réseau d’enseignants-leaders, c’est-à-dire, des jeunes Haïtiens capables de devenir des agents de développement en améliorant leurs connaissances, leurs compétences et leurs mentalités. Ces leaders défendront ensuite l’éducation de qualité parmi tous les secteurs du pays au-delà des salles de classe. Pour le moment les travaux d’Anseye Pou Ayiti se concentrent sur le Plateau Central et dans l’Artibonite. L’organisation milite pour l’accès de tous les enfants haïtiens à une éducation de qualité en promouvant la richesse de la culture, les coutumes et la communauté.


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CECILE MCLORIN SALVANT

La voix plus que parfaite s’offre un Grammy

 

Il y a quelques années, un critique musical avait écrit de Cécile McLorin Salvant dans les pages du New York Times, « Elle n’est pas encore connue des amateurs de jazz… mais pas pour longtemps ». Après une première nomination en 2014, cette jeune chanteuse prodige de 27 ans cueillait le 15 février dernier, son 1er Grammy pour For One to Love, consacré meilleur album de jazz. Le monde musical sait désormais qui elle est. De mère française et de père haïtien, Cécile a grandi en Floride. Elle a commencé le piano à l’âge de 5 ans, est entrée dans la Miami Choral Society à 8 et a décidé de faire ses études de Droit en France, à Aix-en-Provence, tout en apprenant le chant lyrique et baroque. A son retour, trois ans plus tard, c’est en tant que demi-finaliste du concours Thelonious Monk International Jazz Competition qu’elle va éblouir le jury, composé entre autres de Dee Dee Bridgewater et Al Jarreau. Avec ce prix, sa carrière ne faisait que commencer. Le public haïtien a eu la chance d’entendre sa tessiture unique et si mature pour son jeune âge. Sa notoriété grandissante risque de nous la rendre encore plus rare en Haïti mais pas moins fiers de cette incroyable chanteuse de jazz aux racines haïtiennes.


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YANICK LAHENS

Mettre au jour les failles…

 

Grande figure de la littérature haïtienne, Yanick Lahens est aussi depuis 2014 consacrée par le monde de la littérature francophone en tant que récipiendaire du prestigieux Prix Femina 2014 pour son roman, Bain de Lune. Née à Port-au-Prince, cette écrivain de talent a achevé ses études à la Sorbonne à Paris, puis exercé de nombreux métiers autour des lettres en Haïti : professeur de littérature à l’Ecole Normale Supérieure, journaliste, éditrice… avant de publier son premier roman en 2000. Membre fondatrice de l’Association des écrivains haïtiens, qui combat l’illettrisme, elle est aussi engagée dans le développement social et culturel d’Haïti que son ton est engagé dans ses écrits. En 2011, elle a reçu le prix d’excellence de l’Association des études haïtiennes pour l’ensemble de son œuvre et la France lui a décerné le titre d’Officier des Arts et Lettres en mars 2014. Après le séisme, son récit poignant, Failles, attire l’attention sur les failles moins visibles mais tout aussi dangereuses que sont les failles sociales, économiques et politiques qui rongent le pays.


Photographie par T. Mora Liautaud / Challenges
Photographie par T. Mora Liautaud / Challenges

ODETTE ROY FOMBRUN

Un trésor national vivant qui défend le konbitisme

 

Née à Port-au-Prince en 1917, Odette Roy Fombrun fonde la première école préscolaire haïtienne en 1946. Exilée pendant vingt ans aux Etat-Unis sous Francois Duvalier, puis dix-sept ans en Afrique avec son mari, représentant de l’Unicef, le couple lutte en faveur de l’Unité nationale à son retour au pays natal en 1986. S’inspirant d’une coutume paysanne, Odette Roy Fombrun présente le Konbitisme, base d’un contrat social national unificateur. Elle a milité toute sa vie dans le domaine de l’éducation, surtout en faveur de l’éducation civique et de l’éducation préscolaire. Défenseuse infatigable de tous les héritages culturels des Haïtiens, elle lutte pour que l’île soit appelée l’île Quisqueya, rendant ainsi hommage aux ancêtres Taïnos, et non Hispaniola, qui évoque le génocide indien. En 2009, elle est déclarée « Trésor national vivant » en Haïti pour son tempérament combatif de citoyenne concernée qui ose dire tout haut le « Konbitisme ». Actuellement auteur aux Éditions Henri-Deschamps, elle a écrit et continue d’écrire des articles engagés. Elle est une figure citoyenne respectée et écoutée par tous les secteurs de la vie nationale.


Photographie par T. Mora Liautaud / Challenges
Photographie par T. Mora Liautaud / Challenges

STÉPHANIE BALMIR VILLEDROUIN

Un rêve : replacer Haïti sur la carte touristique

 

Voici l’exemple d’une femme qui s’est battue pour une noble cause et qui a réussi. En seulement quatre ans, cette jeune ministre du Tourisme est parvenue à replacer Haïti sur la carte des destinations touristiques du monde. Un rêve qu’elle caressait depuis longtemps et qui l’a conduite, début 2000, en République dominicaine pour des études en hôtellerie. A son retour au pays en 2004, elle travaille dans cette industrie et intègre l’Association Touristique d’Haïti avant de devenir l’un des membres du directoire, à 26 ans. En 2011, le gouvernement Martelly/Lamothe, à la recherche d’une personne clé pour relancer l’industrie touristique d’Haïti et redorer l’image du pays à l’étranger, porte son choix sur Stéphanie Balmir Villedrouin. Grâce à son leadership, ce secteur décisif est réactivé et dynamisé. Née sous le signe du Bélier en 1983, elle fait preuve d’intelligence, d’une énergie très mobilisatrice et d’une grande persévérance. Elle s’engage d’ailleurs à poursuivre ses efforts pour l’avancement du secteur touristique, car son rêve pour Haïti n’a pas de limites !


Photographie par Roberto Stephenson
Photographie par Roberto Stephenson

MARYSE PÉNETTE-KEDAR

Changer le pays par l’éducation

 

Femme de tête, concrète et déterminée, elle débute sa carrière dans la diplomatie et obtiendra l’entrée d’Haïti en 1988 dans la Convention de Lomé, le plus important accord de coopération économique signé avec l’Union européenne. De retour en Haïti et après un passage dans le secteur privé, Maryse Pénette Kedar, alors secrétaire d’Etat au Tourisme, met en place le premier Plan directeur du Tourisme et le premier site Internet du tourisme haïtien. Aujourd’hui, parallèlement à ses responsabilités auprès de Royal Caribbean International, c’est à travers sa fondation, Prodev (Progrès et Développement), qu’elle entreprend de réaliser la mission qui lui tient le plus à cœur : construire un réseau d’écoles de qualité. Le séisme marque un tournant : Prodev développe des écoles sous la tente dans les camps, avant de créer une école pilote à Zoranje en 2013


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EDWIDGE DANTICAT

Une fille d’immigrant raconte Haïti au monde

 

Elle est née à Port-au-Prince en 1969 et elle n’a rejoint ses parents au Etats-Unis qu’à 12 ans, bien après qu’ils s’y soient installés. Son univers s’exprimait alors en français et créole jusqu’à son arrivée là-bas. Et pourtant, c’est là, et en anglais, qu’Edwidge Danticat a commencé à écrire à 25 ans, est devenue une écrivain célèbre et traduite en plusieurs langues, dont le coréen, l’italien, l’allemand, l’espagnol et le suédois. Nul Haïtien de par le monde ne devrait ignorer sa prose, que ce soit dans les pages de son premier roman Breath, Eyes, Memory, traduit en français par Le Cri de l’Oiseau Rouge, son recueil de nouvelles, Krik ? Krak !, ou encore le fameux Briseur de rosée qui lui a valu le National Book Critics Award en 2008 ou Adieu mon frère, un roman autobiographique. Elle a obtenu en 2009 une bourse de la Fondation MacArthur pour l’ensemble de son œuvre. Tous ses écrits (une dizaine d’ouvrages) s’appuient sur ses propres expériences de vie et les thèmes récurrents de la migration, la sexualité, le genre et l’histoire… avec l’empreinte récurrente d’Haïti. Un pays qui hante ses livres et qu’elle observe avec un œil pertinent et personnel.


Photographie par Timothé H. Jackson / Challenges
Photographie par Timothé H. Jackson / Challenges

LILIANE PIERRE PAUL

Faire des masses les acteurs du changement

 

Journaliste à Radio Haïti Inter, dans les années 80, Liliane Pierre Paul reçoit le prix du courage en journalisme de l’IWMF, la fondation Internationale des femmes de médias. C’est ce qui la dévoile à une élite haïtienne qui, jusque-là, n’accordait pas toute sa valeur au journalisme en créole qu’elle prônait et pratiquait, pour « informer les masses et les éduquer progressivement pour qu’elles deviennent les acteurs du changement ». Elle fonde en 1994 Radio Kiskeya et elle est fondatrice de l’Association nationale des médias haïtiens. Femme de radio et journaliste de conviction, son caractère trempé et son credo – la lutte pour la liberté de la presse et pour l’avènement de la démocratie – lui vaudront d’être la cible de nombreux régimes. Souvent menacée de mort, arrêtée sous Duvalier avec l’équipe de Radio Haïti Inter en 1980, exilée pendant six ans, elle subira aussi la pression du régime d’Aristide et on tente d’incendier sa radio en 2001. Elle a dû faire face à de nombreuses attaques sous le régime Martelly mais, forte du respect et du soutien de toute la profession ainsi que de son opiniâtre courage, Liliane Pierre Paul ne baisse ni les armes, ni sa garde face à l’adversité.


Photographie par T. Mora Liautaud / Challenges
Photographie par T. Mora Liautaud / Challenges

LORRAINE MANGONÈS

Défendre les valeurs sociales en Haïti

 

Titulaire d’une licence en Arts dramatiques et Histoire de l’art en Angleterre, d’un master en Théâtre aux Etats-Unis ainsi qu’un master en Communication au Canada, Lorraine Mangonès a les ressources nécessaires pour comprendre et défendre avec créativité les valeurs sociales en Haïti. Et c’est ce qu’elle fait depuis 1995, date de création de la FOKAL, la Fondation Connaissance et Liberté, à Port-au-Prince. En 1988, elle devient directrice exécutive de la fondation et, depuis, elle multiplie les initiatives au bénéfice des jeunes mais aussi et surtout en faveur des femmes et des paysans, aux côtés de Michèle Duvivier Pierre-Louis, la fondatrice de la FOKAL. En vingt ans, la FOKAL est devenue un centre bouillonnant de l’éducation et de la culture, avec un espace qui offre centre de documentation, bibliothèque, auditorium, salles de cours et de conférence. Avec le Parc de Martissant, une nouvelle étape vers les jeunes de son pays est atteinte. Lorraine Mangonès prône également défense des valeurs culturelles et sociales en Haïti en tant que membre du Conseil d’administration de la fondation Tipa Tipa (Petit pas) et du Centre d’art haïtien. A 57 ans, elle déborde d’énergie et pour longtemps encore.


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CORINNE SANON SYMIETZ

Créer des emplois pour faire une différence

 

Cette jeune entrepreneure de 29 ans a grandi à Port-au-Prince puis étudié le génie industriel et l’Administration des affaires entre la Louisiane et le Michigan, tout en travaillant comme consultant pour Accenture et RTX Technologie Partner à travers l’Amérique du Nord, la Caraïbe et l’Asie. De retour en Haïti, Corinne Sanon Symietz a collaboré avec la primature comme consultante sur le lancement du projet d’éducation universelle PSUGO, sur le dossier de l’Etat civil ainsi qu’avec le ministère de la Planification. Soucieuse de faire une différence dans son pays, elle a choisi le secteur le plus actif d’Haïti (50 % des actifs), l’agro-industrie, pour y monter la compagnie Askanya. Elle a ainsi transformé la maison familiale de son grand-père à Ouanaminthe pour y produire du chocolat « de la fève à la tablette ». Infatigable professionnelle, elle partage son temps entre cette ville du nord et New York où elle est consultante pour Barclay’s, tout en partageant son expérience avec les étudiants haïtiens à travers le forum EducationHaiti.com


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MICHELLE AUSTIN-PAMIES

S’engager pour augmenter le nombre de femmes aux commandes

 

Honorée ce mois-ci par la Chambre de Commerce de Lauderhill pour sa réussite professionnelle, Michelle Austin-Pamies est membre fondatrice de « Haitian Lawyers Association » aux Etats-Unis en 1996. Elle fut vice-présidente de la première association des avocats haïtiens. Cette brillante avocate d’affaires est née à Port-au-Prince. C’est à l’âge de 7 ans qu’elle arrive à New York où elle restera jusqu’à 21 ans avant d’achever ses études de droit à la Miami School of Law. Première femme élue en 2005 au board de la prestigieuse Public Health Trust de Miami Dade County, elle est aujourd’hui co-présidente de l’association Women of Color Empowerment Institute, inc. Très active, cette avocate, femme de réseaux, est aussi impliquée dans les levées de fonds de la communauté haïtienne pour la campagne de Hillary Clinton. Elle est, en 2016, une ambassadrice incontournable de la communauté haïtienne aux Etats-Unis.


Photographie par Timothé H. Jackson / Challenges
Photographie par Timothé H. Jackson / Challenges

CARLINE CHARLES JOSEPH

Femme d’engagement aux idées novatrices

 

Infirmière de profession, après de brillantes études à l’université catholique de Louvain en Belgique, avocate diplômée de la Faculté de Droit de Port-au-Prince, c’est pourtant vers les affaires que Carline Charles Joseph s’oriente finalement. Elle s’installe en 1985 aux Gonaïves où elle monte plusieurs entreprises, parmi lesquelles un supermarché, une librairie moderne, des boutiques de prêt-à-porter, une station de radiodiffusion. En 2006, avec un groupe d’entrepreneurs, Carline fonde la Chambre de Commerce des Gonaïves, dont elle devient la vice-présidente. Elle contribue à la création de la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Artibonite en organisant la fusion des Chambres de commerce de la région tout en renforçant les idées de partenariats commerciaux. Elle devient la première femme présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH) en juillet 2015.


Photographie par T. Mora Liautaud / Challenges
Photographie par T. Mora Liautaud / Challenges

ESTHER BOUCICAULT STANISLAS

Héroïne de la lutte contre le Sida en Haïti

 

C’est la première femme haïtienne à avoir déclaré publiquement sa séropositivité en 1996, à une époque où les personnes infectées au VIH/SIDA étaient forcées d’évoluer en marge de la société par peur d’être stigmatisées et discriminées. Et dans la foulée, elle s’est lancée dans une bataille de longue haleine contre un virus mortel qui se propageait à un rythme inquiétant dans le pays. Au cours de la même année, elle a créé la Fondation Esther Boucicault Stanislas (FEBS) à Saint-Marc (Bas-Artibonite), sa ville natale, pour apporter un soutien psychosocial et médical aux nombreuses personnes porteuses du virus et malades du SIDA. Le combat mené par la directrice exécutive de la FEBS lui a valu de nombreuses distinctions dont le prix Human Rights décerné par l’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince en 2003 et le Keith D. Cylar Aids Activist Award 2008 par la Housing Works à New York. Esther est devenue l’icône de plusieurs activités de sensibilisation contre la stigmatisation et la discrimination faites aux PVVIH. Pour elle, « le Sida n’est pas une fin en soi mais une nouvelle façon de vivre ».


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MARIE CARMELLE JEAN-MARIE

La rigueur sur toute la ligne

 

Compétente, expérimentée, disciplinée… ce sont entre autres qualités attribuées à Marie Carmelle Jean-Marie par toutes celles et tous ceux qui ont collaboré ou qui collaborent encore avec elle. L’experte en Monnaie, Finances et Banque (diplômée à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de Port-au-Prince et à l’Université Paris 2), a consacré dix ans de sa vie professionnelle à la Banque de la République d’Haïti (BRH). Elle fait de la « bonne gouvernance » son cheval de bataille, si bien qu’elle a dû affronter certaines adversités pendant ses deux expériences au ministère de l’Economie et des Finances sous la présidence de Michel Martelly mais elle a pu faciliter la création de plusieurs entreprises et des investissements moteurs en Haïti. Née le 16 juillet 1956 à Jacmel (Sud-Est), Marie Carmelle Jean-Marie a le portrait d’une battante qui demeure optimiste dans tous ses combats pour la croissance économique et croit fermement en l’avenir de son pays.


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DOMINIQUE ANGLADE

Une ministre d’origine haïtienne au Québec

 

Quelle femme, fille d’immigrants haïtiens, mariée et mère de deux enfants, peut réussir ce tour de force à 42 ans d’occuper l’une des fonctions les plus prestigieuses du gouvernement du pays d’adoption de ses parents ? Dominique Anglade est cette femme politique et d’affaires qui en novembre 2015 a su gagner 40 % des votes exprimés dans la circonscription provinciale de St-Henri–Ste-Anne (région du Grand-Montréal) pour devenir d’abord la première députée d’origine haïtienne pour le Parti Libéral du Québec et, le 28 janvier 2016, accéder à l’une des plus hautes fonctions jamais occupées par un descendant d’immigrants au Québec : ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation ainsi que ministre responsable de la Stratégie numérique dans le deuxième gouvernement du Premier ministre québécois Philippe Couillard. Dominique Anglade est titulaire d’un baccalauréat en génie industriel de l’École Polytechnique de Montréal et d’une maîtrise en administration des affaires de Hautes Etudes Commerciales (HEC) de Montréal. Elle est polyglotte et très ancrée dans la communauté haïtienne du Québec. Jusqu’à récemment, elle occupait la fonction de présidente-directrice générale de Montréal International, une organisation responsable de l’attraction des investissements étrangers, des organisations internationales et des talents stratégiques dans le Grand Montréal.


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ÉLIANE CÉLESTIN BAYARD

L’incarnation de Publigestion

 

La pionnière de la publicité en Haïti est diplômée en Ingénierie (Paris, France). Une formation qui ne la destinait pas du tout au domaine de la communication où elle évolue depuis bientôt quarante ans. C’est dans une agence parisienne, spécialisée dans le marketing immobilier, qu’a lieu son coup de foudre professionnel pour ce métier et l’incite à se lancer dans ce domaine, à son retour en Haïti. Ainsi donc nait en 1977 l’agence de pub Publigestion, doyenne des agences en Haïti, au timon de laquelle Eliane Célestin Bayard reste à temps partiel tandis que sous son œil expérimenté, une nouvelle génération se prépare à assurer la relève. Elle planifie déjà une implication active dans deux projets à orientation sociale qui lui tiennent particulièrement à cœur : TIMKATEC, l’œuvre du Père Simon qui ouvre les portes de sa maison d’accueil aux enfants des rues, et le Groupe de Support contre le Cancer (GSCC).